Coronavirus

Covid-19: 130 millions de personnes menacées de pauvreté extrême

sn, ats

19.11.2020 - 18:01

Le secrétaire général de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED) Mukhisa Kituyi appelle à une relance après le Covid-19 plus durable et numérique dans les différents pays (archives).
ATS

La crise liée à la pandémie pourrait rendre 130 millions de personnes dans le monde extrêmement pauvres, selon l'ONU. Elle a déjà provoqué un record de pauvreté en plus de 20 ans. La CNUCED s'est dit jeudi à Genève favorable à une feuille de route face aux inégalités.

L'arrivée d'un vaccin n'arrêtera pas les conséquences économiques. Dans un rapport, la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED) anticipe un recul de l'économie mondiale de 4,3% pour cette année.

L'organisation de celle-ci est en partie responsable de l'impact disproportionné sur les plus pauvres, selon l'agence onusienne. «La pandémie de Covid-19 a gravement sapé l'économie mondiale, avec de lourdes conséquences pour tous», a déclaré le secrétaire général de la CNUCED Mukhisa Kituyi.

Le rapport affirme que les Objectifs de développement durable (ODD) ne seront pas atteints si des actions politiques ne sont pas prises immédiatement, notamment en faveur des plus pauvres. Une meilleure reprise économique devra garantir aussi la protection de l’environnement, selon la CNUCED. La pandémie a affecté davantage les ménages à faibles revenus, les migrants, les travailleurs du secteur informel et les femmes. De même que le tourisme et les PME.

La pauvreté augmente pour la première fois en plus de 20 ans pour atteindre 8,8 % cette année et elle devrait s'étendre encore en 2021, même s'il est difficile d'évaluer à quel point. «Les conséquences vont être à plus long terme», a aussi affirmé à la presse M. Kituyi. D'ici l'année prochaine, 130 millions de personnes pourraient devenir extrêmement pauvres, dont 70 millions cette année déjà.

Plus courtes et numériques

Selon des données sur une trentaine d'Etats, les pays où l'incidence du Covid-19 est la plus importante ont vu une hausse plus élevée du chômage des femmes que de celui des hommes. Depuis le début de la pandémie, les dépenses budgétaires supplémentaires médianes par habitant pour la relance ou pour compenser des exemptions atteignent plus de 1350 dollars dans les pays développés et émergents. Contre seulement 18 dollars dans les pays les plus pauvres et un peu plus de 70 dollars dans les autres pays en développement.

Autre problème, environ 79,4 % des travailleurs en Afrique subsaharienne et près de 85% des travailleurs des pays les plus pauvres n'ont accès à aucune protection sociale. La CNUCED appelle à nouveau à alléger la dette de ces Etats.

Elle veut une feuille de route vers une reprise qui demande un changement «attendu mais tardif» du commerce et de la collaboration internationale. Certaines attitudes «plus équitables» ont été observées pendant la pandémie, a fait remarquer M. Kituyi qui se dit plus «optimiste» sur la collaboration internationale.

Il estime que des exceptions à la propriété intellectuelle pour le commerce des produits liés au Covid-19 pourraient constituer une composante «positive», sans pouvoir évaluer l'effet pour les pays en développement.

Mais l'acheminement du vaccin montrera probablement des inégalités économiques mondiales, affirme le rapport. Il appelle à des filières plus courtes, plus régionales, plus vertes, durables et numériques dans les différents pays.

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