Costa Rica

Début des élections: 25 candidats pour un siège de président

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7.2.2022 - 07:27

L'ancien président costaricien José Maria Figueres, 67 ans, le candidat du Parti de la libération nationale (PLN, centre-gauche) se détachait nettement devant ses 24 concurrents avec 27,40% des suffrages, selon le décompte de 63,9% des bulletins de vote à l'élection présidentielle de dimanche, a annoncé le Tribunal Suprême électoral.

epa09734500 Former President Jose Maria Figueres (C) accompanied by his wife Cinthya Berrocal (R) greets supporters while giving a speech after the closing of polling stations in the presidential elections, in San Jose, Costa Rica, 06 February 2022. Costa Ricans were called on 06 February to the polls to choose their new president among 25 candidates and renew the parliament. Figueres leads the electoral results and will go to the second round on 03 April 2022. EPA/Bienvenido Velasco
L'ancien président costaricien José Maria Figueres, 67 ans, le candidat du Parti de la libération nationale se détachait nettement devant ses 24 concurrents, selon le décompte de 63,9% des bulletins de vote.
KEYSTONE

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7.2.2022 - 07:27

La seconde place est disputée entre l'ancien ministre de l'économie Rodrigo Chaves, transfuge du gouvernement sortant, qui recueille 16,70% des voix et le prédicateur évangélique conservateur Fabricio Alvarado Muñoz (15,50%) qui avait été battu sur le fil au second tour par le président sortant Carlos Alvarado.

En revanche, Lineth Saborio, candidate du Parti Unité sociale-chrétienne (PUSC, centre-droit) est distancée avec 12,80% des bulletins dépouillés et a reconnu à demi-mot son échec. Les sondages donnaient pourtant favorite l'ancienne vice-présidente (2002-2006) âgée de 61 ans pour la deuxième place qualificative pour le second tour le 3 avril.

Il est en effet acquis qu'aucun candidat n'obtiendra 40% des suffrages, imposant ainsi un second tour.

Abstentionnisme record

Un record de 25 candidats briguaient dimanche la présidence du Costa Rica, petit pays d'Amérique centrale réputé pour sa stabilité, sa qualité de vie et la richesse de son environnement qui attirait des millions de touristes avant la pandémie.

Les bureaux de vote, ouverts à 06h00, ont fermé leurs portes à 18h00 (01h00 en Suisse). Quelque 3,5 millions d'électeurs étaient appelés aux urnes pour choisir un président et élire également les 57 députés de l'Assemblée nationale.

À la veille du scrutin 31,8% des électeurs étaient encore indécis, selon un dernier sondage, ouvrant la voie à une surprise. La journée électorale s'est déroulée «de manière normale» mais l'abstentionnisme a atteint environ 40%, un chiffre record, selon le TSE.

Le Costa Rica «est un pays avec une démocratie robuste (...). Il montre des éléments qui peuvent servir d'exemple à d'autres pays, a salué Isabel de Saint Malo, qui conduit la mission d'observation du scrutin de l'Organisation des Etats Américains (OEA).

Equipe sortante sévèrement sanctionnée

Welmer Ramos, le candidat du Parti d'action citoyenne (PAC, centre-gauche), au pouvoir depuis 2014, est spectaculairement sanctionné avec 0,66% des bulletins dépouillés, victime de l'impopularité record à 72% de l'équipe gouvernementale sortante.

Sur une population d'environ cinq millions d'habitants «il y a un million et demi de personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté, et un demi-million en pauvreté extrême», a souligné M. Figueres après avoir déposé son bulletin dans l'urne dimanche matin.

Le petit pays de cinq millions d'habitants, à la réputation flatteuse de «Suisse de l'Amérique centrale», est en effet confronté à une crise économique aggravée par la pandémie de coronavirus, ainsi qu'à des scandales de corruption d'une ampleur sans précédent.

Le chômage est en hausse depuis plus d'une décennie, pour atteindre 14,4% en 2021, en très léger recul par rapport à 2020, au plus fort de la pandémie.

Corruption

L'année dernière 23% des habitants du Costa Rica vivaient en dessous du seuil de pauvreté tandis que la dette a atteint 70% du produit intérieur brut (PIB).

Des ministres, des anciens ministres et des maires ont en outre été éclaboussés l'année dernière par deux affaires de corruption concernant des malversations et pots-de-vin pour des marchés de travaux publics de plusieurs millions de dollars.

Ces scandales ont sapé la crédibilité et la réputation des politiques, et l'équipe au pouvoir a atteint un score-record de 72% d'impopularité.

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