«De bons progrès» mais des obstacles «demeurent», selon Barnier

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17.12.2020 - 21:31

Le Royaume-Uni et l'Union européenne se rapprochaient jeudi d'un accord commercial post-Brexit. Les deux camps espèrent que leurs négociations épineuses produisent des résultats ce week-end, malgré de profondes divergences sur la pêche.

L incontro tra la presidente della Commissione UE Ursula von der Leyen ed il premier britannico Boris Johnson non ha dato risultati. I negoziati sull'accordo di libero scambio tra l'Ue ed il Regno Unito continuano fino a domenica per una decisione finale.
Le Royaume-Uni et l'Union européenne se rapprochaient jeudi d'un accord commercial post-Brexit.
Source : Keystone

Le négociateur européen Michel Barnier a même estimé qu'un accord était possible dès vendredi, tout en ajoutant que ce serait «difficile», un compromis sur l'accès des pêcheurs européens aux eaux britanniques semblant pour l'instant hors de portée.

Les propos du Français ont eu lieu lors d'un point sur les pourparlers jeudi matin avec les chefs des groupes politiques au Parlement européen, au cours duquel il a aussi souligné qu'un échec en fin d'année restait une éventualité. Londres a d'ailleurs tempéré les espoirs d'un accord, le ministre britannique Michael Gove estimant un «no deal» pour l'instant «plus probable».

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a estimé jeudi soir que «combler» les divergences entre Londres et l'UE serait «très difficile», à l'issue d'un entretien téléphonique avec le Premier ministre britannique Boris Johnson. Ce dernier a pronostiqué un échec des négociations «probable» sans concession importante de l'UE.

Mesures d'urgence

Sans accord commercial, les échanges entre l'UE et Londres se feront selon les seules règles de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), synonymes de droits de douane ou de quotas, avec de lourdes conséquences pour des économies déjà secouées par la pandémie.

Devant cette incertitude, les Etats européens ont préparé des mesures d'urgence pour maintenir le trafic aérien et le transport routier pendant six mois entre le Royaume-Uni et le continent, sous réserve de réciprocité. Elles doivent être soumises vendredi au vote du Parlement européen, qui a déjà approuvé jeudi des mesures temporaires pour maintenir la circulation dans le tunnel sous la Manche.

A l'issue de leur rencontre avec M. Barnier, les eurodéputés ont averti que s'ils ne recevaient pas le texte d'un accord d'ici à «dimanche minuit», ils ne pourront pas le ratifier à temps pour qu'il entre en vigueur le 1er janvier 2021, quand le Royaume-Uni, qui a officiellement quitté l'UE le 31 janvier dernier, abandonnera définitivement le marché unique.

«Bons progrès»

L'horizon semble se dégager depuis quelques jours vers un accord, Michel Barnier ayant lui-même souligné sur Twitter «de bons progrès» dans les discussions, malgré d'ultimes «obstacles», au premier rang desquels figure la pêche, un sujet explosif pour quelques Etats membre comme la France et les Pays-Bas.

M. Barnier a expliqué aux eurodéputés que l'UE avait accepté le principe d'une «période de transition», Londres souhaitait initialement qu'elle dure 3 ans, à l'issue de laquelle le Royaume-Uni récupérera le contrôle de ses eaux et pourra théoriquement les fermer aux pêcheurs européens. Dans ce cas, l'UE réclame des compensations.

«Le Royaume-Uni sait que sans accord sur la pêche, il n'y aura pas d'accord du tout», a-t-il insisté, selon des participants.

Les deux autres sujets qui bloquaient jusqu'alors les discussions, les conditions de concurrence équitable et la gouvernance du futur accord, semblent en voie de résolution. Sur les garanties réclamées par l'UE en matière de concurrence afin de se prémunir contre tout dumping social, fiscal ou environnemental de la part des entreprises britanniques, le Royaume-Uni a apparemment basculé. Il attend en conséquence que les Européens bougent sur la pêche.

Londres s'engage non seulement à ne pas régresser dans ces domaines, mais il accepte aussi la possibilité de rester «le plus proche» possible de l'UE au fil du temps. Si l'une des deux parties s'estimait lésée, elle pourrait prendre des contre-mesures, comme des droits de douane.

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