Moyen-OrientTractations à Doha: Trump fait monter les enjeux
ATS
26.5.2026 - 07:15
De hauts responsables iraniens se sont déplacés lundi à Doha pour des tractations en vue d'un accord de paix au Moyen-Orient. Les deux parties ont toutefois tempéré les espoirs d'entente imminente.
M. Trump a semblé faire monter les enjeux d'un éventuel accord de paix. (image d'illustration)
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26.05.2026, 07:15
ATS
Téhéran a fait état de progrès dans les discussions, mais a écarté la perspective d'un accord imminent pour tourner la page des hostilités. Le président américain Donald Trump a quant à lui fait monter les enjeux en appelant le Qatar et l'Arabie saoudite à normaliser leurs relations avec Israël.
La visite au Qatar de la délégation iranienne, incluant le négociateur en chef Mohammad Bagher Ghalibaf, le ministre des affaires étrangères Abbas Araghchi et le gouverneur de la banque centrale, est la première de ce type depuis les frappes de représailles menées par Téhéran contre ses voisins du golfe Persique lors de la guerre.
Selon l'agence officielle iranienne IRNA, «il semble que certains engagements américains, dans le cadre de cet accord, seront mis en oeuvre avec l'aide de Doha» et «ce voyage vise à s'assurer de la disponibilité du Qatar à apporter son soutien dans les domaines liés aux engagements américains».
Accords d'Abraham
Le dégel des avoirs iraniens bloqués à l'étranger, notamment au Qatar, est crucial pour un Iran affaibli par des décennies de sanctions américaines et la guerre, selon Ali Vaez, de l'International Crisis Group.
Dans le même temps, le président américain a évoqué le dossier de l'uranium enrichi iranien, un des points clefs du conflit. «La poussière nucléaire [l'uranium enrichi, ndlr] sera soit immédiatement remis aux Etats-Unis [...] et détruit, soit, de préférence, en collaboration et en coordination avec la République islamique d'Iran, détruit sur place ou dans un autre lieu acceptable», a écrit Donald Trump sur son réseau social Truth Social.
On ignore si le dirigeant américain signifiait par là qu'il s'agissait d'un point de l'accord en discussion. Plus tôt lundi, M. Trump a semblé faire monter les enjeux d'un éventuel accord de paix.
Dans un long message sur les réseaux sociaux, il a énuméré les dirigeants de pays à majorité musulmane avec lesquels il a discuté ces derniers jours, affirmant «qu'après tout le travail effectué par les Etats-Unis [...] tous ces pays devraient être obligés, au minimum, de signer simultanément les accords d'Abraham».
Signés en 2020, ces accords ont débouché sur une normalisation des relations des Emirats arabes unis et de Bahreïn, deux proches alliés de Washington dans le golfe Persique, avec Israël. Mais nombre d'Etats ont jusqu'ici refusé de se joindre à ce processus, en particulier l'Arabie saoudite ainsi que la Syrie et le Liban, a fortiori depuis le conflit qui a ravagé la bande de Gaza.
Au vu du «désastre que s'est avérée être la guerre» déclenchée par des frappes israélo-américaines le 28 février, cette nouvelle demande du gouvernement américain «montre à quel point il comprend mal le Moyen-Orient», estime auprès de l'AFP Anna Jacobs, de l'institut des Etats arabes du Golfe basé à Washington.
«La position de l'Arabie saoudite sur la question palestinienne reste inchangée», a affirmé une source saoudienne citée par la chaîne télévisée Al Arabiya, ajoutant qu'"il doit exister une voie irréversible vers un État palestinien».
Internet en Iran
Après des semaines d'impasse, les négociations ont paru se débloquer ces dernières 48 heures. «Nous sommes parvenus à une conclusion sur une grande partie des questions», a commenté le porte-parole du ministère iranien des affaires étrangères, Esmaïl Baghaï. «Mais de là à dire que la signature d'un accord est imminente, personne ne peut l'affirmer», a-t-il ajouté, accusant Washington d'être versatile.
M. Trump a également tempéré les espoirs d'une conclusion rapide. «Soit l'accord avec l'Iran sera un accord excellent et significatif, soit il n'y aura pas d'accord», a-t-il écrit, alors que son allié israélien insiste sur la nécessité d'"éliminer entièrement la menace nucléaire», un point que Téhéran ne veut pas aborder dans l'immédiat.
Le président iranien, Massoud Pezeshkian, a toutefois lancé un signal de détente, en ordonnant le rétablissement de l'accès à l'Internet international en Iran, suspendu depuis le début de la guerre, selon les agences iraniennes Tasnim et Fars.
Un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril entre l'Iran et les Etats-Unis. Un autre a été conclu sur le front libanais depuis le 17 avril, mais Israël et le Hezbollah pro-iranien s'accusent mutuellement de le violer, poursuivant leurs attaques quotidiennes.