Un entretien de 5 heures! Ce qu'il faut savoir sur la rencontre Poutine-Witkoff

ATS

3.12.2025 - 16:24

Moscou et Kiev se sont déclarés mercredi prêts à poursuivre les pourparlers sur le conflit en Ukraine, au lendemain d'une réunion en Russie entre Vladimir Poutine et l'émissaire américain Steve Witkoff. Une rencontre qui n'a débouché sur aucune percée.

epa12565074 Le président russe Vladimir Poutine (à droite) et le conseiller présidentiel russe Iouri Ouchakov (à gauche) rencontrent l'envoyé spécial du président américain Steve Witkoff (au centre) au Kremlin à Moscou, en Russie, le 2 décembre 2025. EPA/ALEXANDER KAZAKOV / SPUTNIK / KREMLIN POOL MANDATORY CREDIT
epa12565074 Le président russe Vladimir Poutine (à droite) et le conseiller présidentiel russe Iouri Ouchakov (à gauche) rencontrent l'envoyé spécial du président américain Steve Witkoff (au centre) au Kremlin à Moscou, en Russie, le 2 décembre 2025. EPA/ALEXANDER KAZAKOV / SPUTNIK / KREMLIN POOL MANDATORY CREDIT
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Keystone-SDA

Ces dernières semaines, Washington cherche à faire adopter un plan de paix par les deux camps. Mais la recherche d'un compromis est très difficile, alors que sur le front l'armée russe continue de progresser.

Le conseiller diplomatique du président russe, Iouri Ouchakov, a estimé mercredi que les récents «succès» de l'armée russe sur le terrain avaient «influencé» les pourparlers russo-américains de mardi et «contribué à rendre plus adéquates les évaluations des moyens de règlement pacifique» du conflit déclenché par l'attaque de l'Ukraine lancée en 2022 par le Kremlin.

Selon lui, «la question clé» d'une participation de Kiev à l'Otan – à laquelle s'oppose catégoriquement Moscou – a par ailleurs été évoquée lors des discussions, alors que les ministres des Affaires étrangères des pays de l'Alliance évoquent mercredi à Bruxelles ces efforts de paix.

Pas de «compromis» sur les territoires

Le négociateur ukrainien Roustem Oumerov devait rencontrer les Européens mercredi à Bruxelles avant d'entamer «les préparatifs» d'une réunion aux Etats-Unis avec les émissaires de Donald Trump, a annoncé le président Volodymyr Zelensky, sans plus de détails. M. Oumerov avait déjà mené dimanche des pourparlers en Floride sur ce plan de paix.

Cette intense activité diplomatique n'a pas permis pour l'heure de parvenir à un accord, en particulier sur la question clé des territoires: Moscou veut notamment que Kiev lui cède entièrement la région de Donetsk, dans l'est de l'Ukraine, qui est toujours l'épicentre des combats.

Accompagné du gendre de Donald Trump, Jared Kushner, Steve Witkoff s'est entretenu mardi pendant près de cinq heures au Kremlin avec Vladimir Poutine à propos de ce plan présenté par Washington il y a deux semaines et depuis retravaillé lors de consultations avec les Ukrainiens.

Sur la question des territoires contrôlés par la Russie en Ukraine, qui représentent environ 19% du pays, «aucune solution de compromis n'a encore été choisie», même si «certaines propositions américaines peuvent être discutées», avait ensuite déclaré mardi soir Iouri Ouchakov.

Menaces de Poutine

«Nous avons pu nous mettre d'accord sur certains points (...), d'autres ont suscité des critiques», avait-il ajouté, saluant néanmoins une discussion «constructive». Pour sa part, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a affirmé mercredi que Moscou était prêt à rencontrer «autant que nécessaire» des responsables américains pour trouver une issue à la guerre.

Quelques heures avant sa rencontre avec les Américains, M. Poutine avait menacé les Européens, les accusant de chercher à «empêcher» les efforts de Washington pour arrêter le conflit. «Nous n'avons pas l'intention de faire la guerre à l'Europe, mais si l'Europe le souhaite et commence, nous sommes prêts dès maintenant», avait-il lancé.

Craintes européennes

La diplomatie allemande a jugé mercredi que la Russie n'était pas «en mode négociation» pour trouver une issue diplomatique au conflit, tandis que le président de Finlande, Alexander Stubb, a regretté que les conditions pour une «paix juste» aient «peu de chances d'être réunies».

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a pour sa part présenté mercredi à Bruxelles le plan de l'UE pour financer l'Ukraine sur deux ans et la «mettre en position de force» dans les négociations avec Moscou.

Les Européens craignent que l'administration Trump, soupçonnée de complaisance vis-à-vis de Vladimir Poutine, ne sacrifie la souveraineté de l'Ukraine, considérée comme un rempart face à la Russie.

Sur le front, les forces russes, plus nombreuses, poursuivent une avancée continue, bien que lente, dans certains secteurs. Lundi, l'armée du Kremlin a revendiqué la prise de la ville de Pokrovsk dans l'est de l'Ukraine, un carrefour clé pour Kiev, ainsi que celle de Vovtchansk, dans le nord-est. Mais l'Ukraine a affirmé mardi que les combats à Pokrovsk se poursuivaient.