Plus ou moins risquées Voici les options dont dispose Trump pour intervenir en Iran

ATS

13.1.2026 - 08:05

Donald Trump dispose d'un éventail d'options plus ou moins risquées pour intervenir en Iran, secoué par des rassemblements massifs, mais son choix devrait surtout dépendre de l'objectif qu'il cherche à atteindre.

Le président américain a assuré il y a dix jours que les Etats-Unis étaient «parés à intervenir» et viendraient au «secours» des manifestants si les autorités iraniennes les tuaient.
Le président américain a assuré il y a dix jours que les Etats-Unis étaient «parés à intervenir» et viendraient au «secours» des manifestants si les autorités iraniennes les tuaient.
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Le président américain a assuré il y a dix jours que les Etats-Unis étaient «parés à intervenir» et viendraient au «secours» des manifestants si les autorités iraniennes les tuaient.

Il n'a cessé depuis d'agiter la menace d'une intervention militaire américaine, alors que la répression des manifestations en Iran a fait plus de 600 morts depuis le début de la contestation, selon une ONG.

L'Iran est un ennemi juré des Etats-Unis depuis la révolution islamique de 1979, qui a renversé le chah pro-occidental.

Mais Donald Trump s'est déjà dit opposé sur le principe aux «changements de régime», invoquant notamment les leçons tirées de l'invasion américaine de l'Irak en 2003.

Lundi, il a annoncé que tout pays commerçant avec l'Iran serait frappé de droits de douane de 25% par les Etats-Unis.

Les deux gouvernements, qui n'ont pas de relations diplomatiques, ont cependant récemment révélé être en contact via Steve Witkoff, l'émissaire de Donald Trump.

«Influencer les indécis»

Figure de l'opposition iranienne en exil aux Etats-Unis et fils de l'ancien chah, Reza Pahlavi a encouragé Donald Trump à intervenir en Iran, contrairement à son prédécesseur démocrate Barack Obama, qui s'était montré réticent à soutenir des manifestations en 2009, de peur d'être accusé de récupérer le mouvement.

Certains experts estiment que ces craintes ne sont pas pertinentes aujourd'hui, les manifestations s'étant étendues bien au-delà des cercles urbains et éduqués qui ont toujours été opposés à la République islamique.

S'il choisissait d'intervenir, Donald Trump pourrait par exemple cibler les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique, qui a pris la tête de la répression des manifestations, estime Ray Takeyh, du cercle de réflexion américain Council on Foreign Relations.

Une intervention américaine pourrait selon lui «influencer les indécis à rejoindre ou non les protestations».

Mais «cela pourrait aussi bien faire le jeu de ce régime paranoïaque, ce qui renforcerait son unité et le pousserait à intensifier la répression», avertit Sanam Vakil, chercheuse au sein du centre de réflexion britannique Chatham House.

«Frappe symbolique»

Le président américain avait ordonné en juin des frappes contre des sites nucléaires iraniens, dans la foulée des attaques israéliennes.

Des bombardements conformes à son penchant, encore observé récemment au Venezuela, pour des opérations militaires ponctuelles qu'il peut rapidement revendiquer comme des succès.

Mais, alors que de nombreuses villes iraniennes sont concernées par les manifestations, «tenter de frapper les forces de sécurité dans toutes ces villes, ou même dans les grandes villes d'Iran, représente plus que quelques frappes aériennes», souligne Vali Nasr, professeur à l'université Johns Hopkins.

Comme Donald Trump «ne veut probablement pas se salir les mains, une frappe symbolique pourrait davantage correspondre à ses intentions», juge-t-il.

Pour Behnam Ben Taleblu, de la Foundation for Defense of Democracies, un institut basé à Washington, le risque d'une intervention n'est pas tant que les Iraniens se rallient aux autorités, mais qu'ils aient peur de sortir dans la rue.

Les Etats-Unis pourraient aussi avoir à perdre en décidant de ne pas frapper: l'inaction «alimenterait le récit du régime dépeignant l'Amérique comme incapable de tenir ses engagements», selon lui.

Reza Pahlavi et plusieurs membres du Parti républicain de Donald Trump se sont ainsi opposés à la diplomatie, avertissant qu'elle ne ferait qu'offrir une bouée de sauvetage aux autorités iraniennes.

Rédacteur en chef du site Amwaj.media, notamment spécialisé sur l'Iran, Mohammad Ali Shabani juge pour sa part que de nombreux Iraniens accueilleraient favorablement un accord qui assouplisse les sanctions et «dissipe la menace de guerre».

«Je crois que la plupart des Iraniens acceptent désormais que la République islamique ne sera pas là pour toujours», conclut-il.