Des milliers d'hindous défient le Covid au bord du Gange

ATS

14.1.2022 - 11:09

Des drones ont pulvérisé de l'eau sacrée du Gange sur des milliers de pèlerins réunis pour le festival hindou Gangasagar Mela vendredi dans l'est de l'Inde. Les autorités ont admis être incapables d'empêcher les fidèles de se rassembler malgré la menace du Covid-19.

«La plupart des pèlerins (...) croient que Dieu les sauvera et que se baigner au confluent (du Gange) les purifiera de tous leurs péchés, y compris du virus s'ils sont contaminés», selon un policier sur place.
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14.1.2022 - 11:09

«Dès l'aube, il y avait une mer de gens» venus pour des bains expiatoires rituels dans le fleuve figurant la déesse-mère Ganga elle-même, a déclaré par téléphone un fonctionnaire local, Bankim Hazra.

«De l'eau sacrée du Gange était pulvérisée par des drones sur les pèlerins (...) pour contenir la foule». «Mais les sadhous et un grand nombre de personnes restaient enclins à prendre le bain (...) Les pèlerins, dont la plupart ne portaient pas de masque, étaient plus nombreux que le personnel de sécurité», a ajouté le responsable.

Un tribunal de Calcutta a autorisé la semaine dernière la tenue de la Gangasagar Mela sur l'île de Sagar, à l'embouchure du Gange, dans l'Etat du Bengale occidental (est). Jusqu'à trois millions de pèlerins, dont des sadhous, ces ascètes aux corps couverts de cendres et coiffés de dreadlocks, étaient attendus sur l'île vendredi.

«Déterminés à défier les règles»

Un officier de police sur place a admis qu'il était «impossible» d'imposer des restrictions aux dévots. «La plupart des pèlerins sont déterminés à défier les règles», a-t-il confié. «Ils croient que Dieu les sauvera et que se baigner au confluent (du Gange) les purifiera de tous leurs péchés, y compris du virus s'ils sont contaminés».

New Delhi, en revanche, entamera vendredi soir un deuxième week-end de couvre-feu et Bombay a interdit les rassemblements de plus de quatre personnes.

L'Inde a dénombré vendredi plus de 260'000 contaminations supplémentaires et 315 décès en 24 heures. Au plus fort de la pandémie, en mai, le pays de 1,3 milliard d'habitants enregistrait plus de 400'000 nouvelles contaminations et quelque 4000 décès par jour.

La vague épidémique avait enflé consécutivement au festival de la Kumbh Mela, l'un des plus grands rassemblements religieux du monde, qui avait attiré environ 25 millions de pèlerins hindous.

L'Inde semble aujourd'hui mieux préparée à résister à Omicron qu'elle ne l'était au printemps, lorsque le variant Delta avait emporté plus de 200'000 personnes en quelques semaines. Mais, selon de récentes prévisions, les contaminations pourraient grimper jusqu'à 800'000 cas par jour d'ici quelques semaines.

ATS