Tragique

La 2ème tentative d'évacuation de Marioupol échoue 

ATS

6.3.2022 - 16:02

La deuxième tentative d'évacuation des habitants de Marioupol, port stratégique du sud-est de l'Ukraine encerclé par les forces russes et leurs alliés, a été «interrompue», a annoncé dimanche le CICR, qui avait ouvert un peu plus tôt le passage.

Smoke rises after shelling by Russian forces in Mariupol, Ukraine, Friday, March 4, 2022.(AP Photo/Evgeniy Maloletka)
La fumée monte après le bombardement par les forces russes à Marioupol, en Ukraine, le vendredi 4 mars 2022.
KEYSTONE

ATS

6.3.2022 - 16:02

Au 11e jour de l'invasion russe de l'Ukraine, plus d'1,5 million de personnes ont déjà fui le pays, selon l'ONU. Des centaines de civils ont été tués et aucun signe d'accalmie n'apparaît.

Au contraire, la Russie «se prépare à bombarder Odessa», un port de près d'un million d'habitants, a accusé le président ukrainien Volodymyr Zelensky, dénonçant un potentiel «crime historique» contre cette ville cosmopolite, toute proche de la frontière moldave où affluent les réfugiés.

Dans le sud-est du pays, à Marioupol, sur la mer d'Azov, «au milieu de scènes dévastatrices de souffrances humaines, une deuxième tentative aujourd'hui de commencer à évacuer quelque 200'000 personnes de la ville a été interrompue», selon un communiqué du Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

Une précédente tentative d'évacuer les civils de cette ville d'environ 450'000 habitants, bombardée depuis plusieurs jours par les Russes et leurs alliés des deux territoires séparatistes du Donbass, avait échoué samedi. Les deux parties s'accusent mutuellement de ne pas respecter leurs engagements.

Pas d'aide humanitaire

Les Ukrainiens ont affirmé que les Russes avaient poursuivi leurs tirs alors que les civils se rassemblaient pour former un convoi, tandis que les Russes ont accusé les défenseurs de la ville d'avoir utilisé les civils comme «boucliers humains».

Le gouverneur ukrainien de la région de Donetsk (est), Pavlo Kirilenko, a indiqué sur Facebook que «la colonne pour l'évacuation de la population civile n'a pas pu sortir de Marioupol aujourd'hui, car les Russes ont regroupé leurs forces et commencé à bombarder la ville». «Il est extrêmement dangereux dans ces conditions de faire sortir les gens», a-t-il dit.

Il a aussi indiqué que l'aide humanitaire en provenance de Zaporojie, une ville située à environ trois heures de route de Marioupol, n'avait pas pu arriver.

Accord détaillé nécessaire

Le CICR, dont le siège se trouve à Genève, explique avoir «facilité le dialogue entre les parties concernant le passage sans danger des civils». «Aujourd'hui, nos équipes ont commencé à ouvrir la voie d'évacuation de Marioupol avant que les hostilités ne reprennent», indique le CICR.

Selon l'organisation, «les tentatives ratées d'hier et d'aujourd'hui soulignent l'absence d'un accord détaillé et opérationnel entre les parties au conflit».

«Pour que le passage en toute sécurité des civils se fasse avec les niveaux de confiance requis, les parties doivent se mettre d'accord non seulement sur le principe, mais aussi sur les détails et les paramètres» de l'opération, relève le CICR.

Situation catastrophique

Il faut en particulier que les belligérants se mettent d'accord sur l'heure précise, les lieux, les itinéraires d'évacuation et autres détails logistiques. Il est également important que les évacuations soient volontaires et que l'accord stipule si l'aide humanitaire peut être acheminée dans les villes concernées, indique le CICR.

Les équipes du CICR vont rester à Marioupol et «sont prêtes à contribuer à faciliter de nouvelles tentatives si les parties parviennent à un accord détaillé», ajoute l'organisation.

Selon un responsable de l'ONG Médecins sans frontières (MSF) en Ukraine, la situation humanitaire est «catastrophique» à Marioupol, la population manquant d'eau et de nourriture notamment.

ATS