Djakarta recule sur l'engagement de mettre fin à la déforestation

ATS

4.11.2021 - 17:52

L'Indonésie a remis en question jeudi son engagement dans l'accord pour mettre fin à la déforestation d'ici à 2030. L'accord a été signé à la COP26 par une centaine de pays dont cet archipel d'Asie qui abrite la troisième plus grande forêt tropicale du monde.

Selon Global Forest Watch, en 2001, l'Indonésie comptait 93,8 millions d'hectares de forêts primaires. Mais en 2020, ces dernières avaient perdu 10% de leur surface, une superficie équivalente à celle du Portugal.
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4.11.2021 - 17:52

Ces nations représentant 85% des forêts mondiales ont convenu cette semaine au cours de la conférence sur le climat COP26 à Glasgow, en Ecosse, d'un plan de plusieurs milliards de dollars visant à mettre fin à l'abattage des arbres à l'échelle industrielle en moins de dix ans, d'après Londres.

Mais deux hauts responsables indonésiens ont démenti que leur pays se soit officiellement engagé à complètement cesser la déforestation d'ici à 2030.

«Faux et trompeur»

Le vice-ministre des Affaires étrangères Mahendra Siregar a ainsi estimé que l'engagement de mettre fin à la déforestation était «faux et trompeur», soulignant que le communiqué sur cet accord avait été diffusé avant la fin des discussions.

La réunion des dirigeants sur les forêts du 2 novembre à Glasgow et la déclaration finale «ne font pas référence à la fin de la déforestation d'ici à 2030», a-t-il relevé.

«Inadéquat et injuste»

La ministre de l'Environnement, Siti Nurbaya Bakar, qui a participé aux discussions au Royaume-Uni, a de son côté relevé que les objectifs environnementaux ne pouvaient pas entraver le développement économique de son pays. «Forcer l'Indonésie à atteindre zéro déforestation en 2030 est clairement inadéquat et injuste».

«Le développement massif de l'ère du président Jokowi ne peut pas s'arrêter au nom des émissions de carbone et de la déforestation», a-t-elle écrit sur Twitter, désignant par son surnom le président indonésien Joko Widodo. «Les richesses naturelles de l'Indonésie, dont les forêts, doivent être gérées de façon durable, mais aussi équitable», a-t-elle ajouté.

Destruction potentielle soutenue

Interrogé à ce sujet par des journalistes, le porte-parole du Premier ministre britannique Boris Johnson a déclaré qu'il ne voyait pas de contradictions dans les déclarations des responsables indonésiens.

«Si je comprends bien ce que le gouvernement indonésien a dit, il doit pouvoir poursuivre l'exploitation forestière et l'agriculture légales pour soutenir le développement économique», a-t-il dit.

«Ce serait cohérent avec les engagements – ce à quoi les pays se sont engagés est de mettre fin à la déforestation nette, en veillant à ce que toute forêt perdue soit remplacée de manière durable».

Kiki Taufik, un militant de Greenpeace, a quant à lui regretté que la ministre indonésienne de l'Environnement ait apporté son soutien à «un développement de grande ampleur qui a clairement le potentiel de détruire l'environnement».

«Si nous ne prenons pas des mesures immédiates et substantielles pour mettre fin à la déforestation (...), nous ne pourrons pas atteindre nos modestes objectifs de réduction des émissions» de gaz à effet de serre, a-t-il souligné.

Le forêt continue de rétrécir

Le rythme de la déforestation s'est ralenti depuis un pic en 2015 en Indonésie, mais sa couverture forestière continue à rétrécir.

Selon Global Forest Watch, en 2001, cet archipel comptait 93,8 millions d'hectares de forêts primaires. Mais en 2020, ces dernières avaient perdu 10% de leur surface, une superficie équivalente à celle du Portugal.

ATS