«Ligne rouge»Donald Trump : un pari très risqué qui pourrait profiter aux démocrates
ATS
25.11.2025 - 08:23
L'idée initiale du président américain Donald Trump était simple: redessiner les cartes électorales à travers les Etats-Unis pour asseoir la majorité républicaine au congrès. Mais au bout du compte, le résultat pourrait bien profiter à l'opposition démocrate au moment des élections de mi-mandat en novembre 2026.
Donald Trump veut redessiner les cartes électorales à travers les Etats-Unis pour asseoir la majorité républicaine au congrès.
ats
Keystone-SDA
25.11.2025, 08:23
25.11.2025, 08:31
ATS
Depuis plusieurs mois, la Maison-Blanche fait pression sur plusieurs Etats pour qu'ils redéfinissent leurs circonscriptions électorales de manière à favoriser les républicains et à préserver leurs cinq sièges d'avance à la chambre des représentants.
L'initiative, connue traditionnellement sous le nom de «gerrymandering», paraissait porter ses fruits jusqu'à jeudi, quand un tribunal fédéral a annulé le redécoupage entrepris au Texas par le gouverneur républicain Greg Abbott, qui comptait faire basculer cinq sièges à droite.
La cour suprême a cependant bloqué temporairement la décision du tribunal et doit décider à présent si le Texas peut bien utiliser cette nouvelle carte. Mais avant même cette bataille judiciaire, les démocrates avaient déjà contre-attaqué et décidé de redessiner les cartes dans les Etats qu'ils dirigent pour compenser les potentielles pertes ailleurs.
«Personne ne sortira gagnant de cette bataille de redécoupage électoral», assure Patrick Payton, auteur du livre à paraître «The Middle», sur comment restaurer l'estime des Américains pour la politique.
«C'est un jeu à somme nulle où les pouvoirs exécutif et législatif cherchent tous deux à manipuler les résultats en redessinant les cartes électorales au lieu de gouverner de manière à gagner la confiance» des électeurs, estime cet ancien maire de Midland, une ville de 130'000 habitants au Texas.
La Maison-Blanche a aussi subi un revers judiciaire dans l'Utah, où la justice a ordonné de rééquilibrer la carte électorale. Elle fait face en outre aux réticences d'autres Etats, comme l'Indiana ou le New Hampshire, où les responsables républicains locaux refusent de s'engager dans ces tactiques partisanes.
Ces refus ont provoqué la fureur de Donald Trump, le président s'attaquant notamment sur son réseau social Truth Social à un chef républicain de l'Indiana.
Pendant ce temps, les démocrates abattent leurs propres cartes. En Californie, les électeurs ont approuvé par référendum un redécoupage qui devrait permettre à la gauche de gagner cinq sièges de plus. De l'autre côté du pays, en Virginie, les élus poussent pour un plan leur permettant de gagner deux ou trois sièges supplémentaires.
«Donald Trump et Greg Abbott ont joué avec le feu et se sont brûlés les doigts. La démocratie a gagné», s'est réjoui le gouverneur démocrate de la Californie, Gavin Newsom, après la décision judiciaire annulant initialement le redécoupage au Texas
Les républicains fêtent aussi des victoires, comme en Caroline du Nord, où ils pourraient gagner un siège en plus, tout comme dans le Missouri. Mais ces deux Etats sont là aussi confrontés à des poursuites devant la justice.
D'autres traînent des pieds, comme en Floride, où les élus de l'Etat doivent se réunir le 4 décembre pour débattre du sujet.Et l'horloge tourne avant le début des primaires, en mars prochain.
La cour suprême des Etats-Unis examine en parallèle une contestation en Louisiane d'une grande loi civique, qui protège la représentation des minorités ethniques au congrès. Une abrogation par la haute cour de cette loi historique pourrait potentiellement faire basculer une douzaine de sièges en faveur des républicains à travers les Etats-Unis. De quoi chambouler encore plus les législatives de novembre 2026? Tout dépend de quand la décision sera rendue.
Pour l'analyste politique Michael Ashley Schulman, la stratégie de la Maison-Blanche de «miser sur le maximum de cartes dans le plus d'Etats possible était logique si les tribunaux étaient restés sur la touche».
Mais effectuer de tels redécoupages «sur des bases raciales est une ligne rouge», explique-t-il. Et à trop vouloir pousser leur avantage, ces dirigeants risquent de voir leurs cartes annulées par la justice et finalement redessinées en leur défaveur.
Archive sur Donald Trump
Donald Trump : "Dieu m'a sauvé pour que je rende sa grandeur à l'Amérique"
Donald Trump déclare qu'il a été "sauvé par Dieu" pour qu'il "rende sa grandeur à l'Amérique", lors de son discours au Capitole, peu après avoir prêté serment en tant que 47e président des États-Unis.