Emmanuel Macron dit aller «bien» mais avec «une activité ralentie»

ATS

18.12.2020 - 20:11

Le président français Emmanuel Macron dit que s'il a contracté le Covid alors qu'il est très protégé, cela "montre que le virus, vraiment, peut toucher tout le monde" (archives).
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«Je vais bien» malgré «une activité un peu ralentie»: au lendemain d'un test positif au Covid-19, le président français Emmanuel Macron a lui-même donné de ses nouvelles vendredi sur les réseaux sociaux. Il a appelé les Français à la vigilance face au virus.

Dans une vidéo de trois minutes filmée avec son smartphone, le chef de l'Etat français, le débit lent et les traits un peu tirés, dit avoir les mêmes symptômes que la veille: «fatigue, maux de tête, toux sèche».

«J'ai une activité qui est un peu ralentie, mais les dossiers prioritaires, je continue à m'en occuper», a assuré M. Macron, en citant la crise sanitaire et les négociations sur le Brexit.

Le président est à l'isolement depuis jeudi dans la résidence de La Lanterne, à Versailles, près de Paris, tandis que son épouse Brigitte, testée négative, est restée à l'Elysée.

Vêtu d'un pull à col roulé sombre, le président a promis de «rendre compte chaque jour de l'évolution de la maladie (...) de manière totalement transparente», soulignant qu'il «n'y a normalement pas de raison que cela évolue mal».

Son suivi est assuré par le médecin-chef de l'Élysée Jean-Christophe Perrochon, un ancien urgentiste de l'armée.

«Pas de chance»

Dans son message, Emmanuel Macron ajoute que s'il a contracté le Covid, cela «montre que le virus, vraiment, peut toucher tout le monde». «Parce que je suis très protégé. Je fais très attention. Et malgré tout, j'ai attrapé ce virus, peut-être sans doute un moment de négligence, un moment de 'pas de chance' aussi».

M. Macron a appelé les Français à être «vigilants» car «le virus repart encore plus fort», même si les règles sanitaires «vous pèsent».

La maladie du chef de l'Etat intervient alors que l'évolution de l'épidémie, qui repart dans plusieurs pays d'Europe à une semaine de Noël, est jugée «préoccupante» par les autorités sanitaires: plus de 18'000 nouveaux cas ont été diagnostiqués jeudi, avec toutefois un taux de positivité des tests en baisse à 6,1% contre 6,2% la veille et 2808 patients en réanimation (2840 la veille).

«On a six mois difficiles à passer encore. 2021 ressemblera à 2020, en particulier les trois ou quatre premiers mois, car ce virus est sensible au climat», a commenté le professeur Jean-François Delfraissy, président du Conseil scientifique, ajoutant qu'il faudra attendre mai pour vacciner «les 22 millions de personnes plus fragiles» en France. Pour le reste de la population, ce ne sera «pas avant l'automne».

«Piqûre de rappel»

La contamination d'Emmanuel Macron, dont l'annonce a fait le tour du monde en quelques minutes, sonne comme une «piqûre de rappel» contre le relâchement à l'approche des fêtes de fin d'année.

Des élus d'opposition et des médecins ont critiqué un dîner organisé mercredi soir à l'Elysée autour d'Emmanuel Macron avec des responsables de la majorité au pouvoir. Parmi eux, le Premier ministre Jean Castex, «cas contact», et le président de l'Assemblée nationale Richard Ferrand se sont placés à l'isolement.

«Des mecs gloutonnent des fruits de mer à 10 jusque minuit passé! Pendant que pour les gens normaux, c'est pas plus de 6 à table même pour le Réveillon!», a dénoncé le député de La France Insoumise (LFI, gauche radicale) François Ruffin sur Twitter.

Les participants ont respecté «un protocole sanitaire strict», s'est défendu l'exécutif, en soulignant les grandes dimensions de la salle et de la table (deux mètres de distance entre les invités s'exprimant via des micros placés devant un plateau-repas individuel).

Selon une source proche de l'exécutif, Emmanuel Macron «aurait été contaminé lors du sommet européen de Bruxelles jeudi et vendredi» derniers. Le président a passé 20 heures avec les dirigeants des 27, dont une nuit de négociation.

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