Fin vendredi d'un cessez-le-feu en Colombie

ATS

27.4.2020 - 22:04

L'ELN compte environ 2300 combattants et est présente dans 10% des municipalités colombiennes (archives).
Source: KEYSTONE/EPA/EL TIEMPO / HANDOUT

L'Armée nationale de libération (ELN), dernière guérilla active en Colombie, a annoncé lundi la reprise de ses opérations militaires à partir de ce vendredi. Elle mettra fin à un mois de cessez-le-feu unilatéral décrété en réponse à l'épidémie de Covid-19.

Dans un communiqué publié sur son site internet, l'organisation accuse le gouvernement du président Ivan Duque de ne pas avoir «répondu de manière réciproque» au cessez-le-feu annoncé le 30 mars. Elle lui reproche son manque de «volonté» pour «reprendre les pourparlers de paix à La Havane».

L'ELN réclame également le retour de ses négociateurs de paix qui se trouvent à Cuba, «avec toutes les garanties et conditions de sécurité».

Aucun contact

Face à la propagation de la pandémie dans le pays, qui compte près de 5400 cas déclarés et 244 morts depuis le 6 mars, l'ELN avait annoncé la suspension de ses opérations pendant tout le mois d'avril et proposé au gouvernement de négocier un cessez-le-feu. Aucun contact avec le commandement de la guérilla n'a été rendu public par le gouvernement pendant cette période.

«Il est clair que nous sommes face à un gouvernement belliqueux, sourd aux appels du pape François et du secrétaire général de l'ONU et aveugle à la tragédie humanitaire dont souffre le peuple colombien», a déploré l'ELN, en référence aux récents appels d'Antonio Guterres et du souverain pontife à un cessez-le-feu sur tous les théâtres de guerre pour mieux lutter contre la pandémie.

Le représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies en Colombie, Carlos Ruiz Massieu, a souligné dans un communiqué le «respect significatif» de la trêve et a encouragé l'ELN à «prolonger son cessez-le-feu».

Attentat meurtrier

L'ELN, inspirée de la révolution cubaine, est apparue en 1964. Elle compte environ 2300 combattants et est présente dans 10% des 1100 municipalités colombiennes, selon des enquêtes indépendantes.

Après la signature d'un historique accord de paix avec l'ex-guérilla des FARC en 2016, des négociations avaient été entamées avec l'ELN l'année suivante par le précédent gouvernement, d'abord à Quito en Equateur, puis à La Havane.

Mais elles ont été interrompues par M. Duque après un attentat contre l'école de police à Bogota, lors duquel 22 cadets ont été tués en janvier 2019.

Le président colombien a conditionné son retour à la table des négociations à la libération des otages retenus par l'ELN et à la suspension de toutes ses «activités criminelles». Le commandement rebelle a toujours refusé, considérant qu'il s'agissait de conditions imposées unilatéralement.

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ATS