Selon l’ONUGaza a subi la pire crise économique jamais observée
ATS
25.11.2025 - 09:45
Le Produit intérieur brut (PIB) de la bande de Gaza a chuté de 83% par rapport à 2023. Il s'agit de «la crise économique la plus grave» jamais observée, a affirmé mardi l'ONU à Genève. Pour l'ensemble des territoires palestiniens, il est retombé à son niveau de 2010.
L'ONU estime qu'il faudra des décennies pour que la bande de Gaza retrouve un PIB d'un niveau comparable à celui d'avant la guerre (image d'illustration).
ATS
Keystone-SDA
25.11.2025, 09:45
25.11.2025, 14:03
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La situation est «extrêmement inquiétante», a affirmé à la presse le secrétaire général adjoint d'ONU Commerce et développement (CNUCED) Pedro Manuel Moreno. Dans la bande de Gaza, le PIB par habitant a été ramené en raison de la guerre à 161 dollars (environ 130 francs), l'un des plus bas au monde, selon un rapport de l'agence onusienne. Il ne constitue plus que 4,6% de celui de la Cisjordanie, alors que les deux territoires étaient au même niveau il y a trente ans.
Les infrastructures ont été détruites et la population a été déplacée. Les perturbations dans le système éducatif et dans les prestations vont avoir des effets à long terme, estime l'agence onusienne. Selon la cheffe de l'agence onusienne Rebeca Grynspan, le cessez-le-feu constitue une «possibilité cruciale» d'améliorer l'économie du territoire. Mais pour cette année, les estimations anticipent encore une diminution du PIB, a affirmé un responsable de la CNUCED.
Malgré le cessez-le-feu, la population reste également exposée au manque de nourriture dans ce territoire palestinien. Les prix ont augmenté par quatre et restent hors de portée pour des femmes sans revenus, affirme de son côté ONU Femmes, à l'occasion de la Journée internationale pour l'élimination des violences contre les femmes.
Le territoire dépend presque entièrement de l'assistance internationale et, même avec une aide importante, il faudra peut-être des décennies pour retrouver la situation d'avant octobre 2023. L'accès à la nourriture, à l'eau et aux soins est extrêmement limité. L'acheminement de l'assistance «ne peut attendre», selon l'agence onusienne. Elle ajoute que la situation fait «douter» de la possibilité pour le territoire de se rétablir.
En Cisjordanie, le PIB a aussi subi les conséquences des violences israéliennes. Il a reculé de 17%, la récession la plus grave à laquelle cette région ait dû faire face en raison des restrictions israéliennes, et celui par habitant a diminué de 18,8%. Il devrait augmenter de 3 à 4% cette année.
La guerre a provoqué pour les deux territoires combinés l'une des 10 pires crises économiques au monde depuis plus de 60 ans. L'ONU met également en cause à nouveau la rétention des dotations fiscales par l'Etat hébreu pour l'Autorité palestinienne. En six ans, près de 1,8 milliard de dollars ont été confisqués, soit près de 13% du PIB de l'année dernière et près de 45% des recettes nettes.
La communauté internationale doit garantir une aide financière durablement, selon l'agence onusienne, alors que le coût du rétablissement de la bande de Gaza est estimé à plus de 70 milliards de dollars. Il faut une approche large entre assistance, relance des recettes fiscales et réduction des restrictions, dit-elle.