Réorganisation Gaza: centres d'aide de la fondation GHF fermés temporairement

ATS

4.6.2025 - 23:00

Les centres d'aide de la Fondation humanitaire de Gaza (GHF), soutenue par les Etats-Unis et Israël, sont fermés mercredi dans le territoire palestinien. Les routes menant aux sites de distribution sont devenues des «zones de combats», a averti l'armée israélienne.

Vue d'un campement de tentes improvisé pour les Palestiniens déplacés à Khan Younis, dans la bande de Gaza, le mercredi 4 juin 2025. (AP Photo/Abdel Kareem Hana)
Vue d'un campement de tentes improvisé pour les Palestiniens déplacés à Khan Younis, dans la bande de Gaza, le mercredi 4 juin 2025. (AP Photo/Abdel Kareem Hana)
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Keystone-SDA

Après bientôt 20 mois d'une guerre dévastatrice, déclenchée par l'attaque du Hamas le 7 octobre 2023 en Israël, la Défense civile de la bande de Gaza a annoncé la mort d'au moins 48 personnes mercredi dans des bombardements israéliens. Parmi les victimes, 14 sont mortes dans une frappe israélienne à l'aube dans l'ouest de Khan Younès (sud).

De son côté, l'armée israélienne a annoncé mercredi la mort au combat d'un de ses soldats dans le nord du territoire palestinien.

Après une série d'événements chaotiques meurtriers ces derniers jours à proximité de ses sites, la GHF en a justifié la fermeture d'une journée par «des travaux de rénovation, réorganisation et amélioration de l'efficacité».

Veto américain à l'ONU

Les Etats-Unis ont une nouvelle fois empêché mercredi le Conseil de sécurité de l'ONU de réclamer un cessez-le-feu et l'accès humanitaire à Gaza.

Porté par les dix membres non permanents du Conseil de sécurité, le projet de résolution réclamant «un cessez-le-feu immédiat et permanent», ainsi que «la levée de toutes les restrictions à l'entrée d'aide humanitaire à Gaza et sa distribution sûre et sans entrave à grande échelle», y compris par l'ONU, a recueilli 14 voix pour et une contre.

Les Etats-Unis ont accusé le texte de «saper» les efforts diplomatiques pour une trêve.

«Faire toute la lumière»

Après la levée très partielle d'un blocus total imposé par Israël pendant plus de deux mois, privant les Gazaouis de toute aide humanitaire, la GHF a commencé la distribution de colis-repas le 27 mai. Mais son déploiement a été marqué par des scènes chaotiques accompagnées de violences meurtrières à proximité de ses centres. L'ONU refuse de travailler avec cette organisation en raison de préoccupations concernant ses procédés et sa neutralité.

Mardi, 27 personnes en route vers le centre de GHF de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, ont été tuées quand des soldats israéliens ont ouvert le feu «sur des milliers de civils» rassemblés à plusieurs centaines de mètres, selon la Défense civile.

L'armée israélienne, qui accuse le Hamas de tout faire pour empêcher les distributions de GHF, a indiqué que «des soldats avaient procédé à des tirs de semonce (...) en direction de suspects qui s'approchaient d'une manière qui mettait en danger leur sécurité». Elle a dit avoir ouvert une enquête pour faire «toute la lumière» sur les faits.

Londres a appelé mercredi à une «enquête immédiate et indépendante», faisant écho à une demande du secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres.

Le chef des affaires humanitaires de l'ONU, Tom Fletcher, a lui estimé que ces drames étaient «le résultat d'une série de choix délibérés» d'Israël.

Voilier pour Gaza

L'armée israélienne a intensifié à la mi-mai son offensive dans la bande de Gaza, dans le but affiché de libérer les derniers otages du 7-Octobre, prendre le contrôle de tout le petit territoire coincé entre Israël, l'Egypte et la Méditerranée, et anéantir le Hamas qui y a pris le pouvoir en 2007.

Pour apporter de l'aide humanitaire, un voilier de la Coalition de la flottille pour la liberté, avec la militante écologiste suédoise Greta Thunberg et la députée française de gauche Rima Hassan à son bord, est parti dimanche d'Italie en direction de Gaza.

«La Marine est mobilisée jour et nuit pour protéger l'espace maritime d'Israël et les frontières maritimes», a averti mardi le général de brigade Effie Defrin, porte-parole de l'armée israélienne.

L'organisation militante a «condamné fermement l'intention déclarée d'Israël d'attaquer le Madleen», le qualifiant de «menace», dans un communiqué diffusé mercredi. «Le Madleen transporte de l'aide humanitaire et des défenseurs internationaux des droits humains, ce qui constitue un défi direct au blocus illégal d'Israël, qui dure depuis des décennies, et au génocide en cours», a fait valoir la Coalition.