Le «bonheur immense» d'Anne Hidalgo Grégoire gagne Paris haut la main, grosse claque pour Dati

Valérie Passello

23.3.2026

Emmanuel Grégoire, candidat de la gauche unie hors LFI à Paris, a été largement élu dimanche face à sa rivale de droite Rachida Dati. Enfourchant un Vélib, il s'est rendu à l'Hôtel de Ville où Anne Hidalgo lui a donné une chaleureuse accolade avant de lui remettre la clé de la ville.

Municipales 2026 en France : la gauche s’impose dans les grandes villes

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Résumé rapide des résultats majeurs du second tour des municipales françaises en 2026.

23.03.2026

Agence France-Presse

Le successeur d'Anne Hidalgo, 48 ans, a totalisé 50,52% des suffrages, neuf points devant la candidate de la droite et du centre Rachida Dati, qui a échoué une deuxième fois à ravir la capitale à la gauche, aux commandes depuis 25 ans.

L'Insoumise Sophia Chikirou est arrivée troisième, avec 7,96 des voix. «Paris a décidé de rester fidèle à son histoire», s'est félicité Emmanuel Grégoire depuis la Rotonde de Stalingrad (nord-est), acclamé par les militants.

epa12842790 Emmanuel Grégoire (au centre), candidat à la mairie du Parti socialiste (PS) et de la coalition de gauche, célèbre avec ses partisans après l'annonce des résultats préliminaires du second tour des élections municipales de Paris, à Paris, en France, le 22 mars 2026. En tant que vainqueur présumé du second tour des élections municipales de 2026, Emmanuel Grégoire est désormais le maire élu de Paris, appelé à succéder à Anne Hidalgo. EPA/YOAN VALAT
epa12842790 Emmanuel Grégoire (au centre), candidat à la mairie du Parti socialiste (PS) et de la coalition de gauche, célèbre avec ses partisans après l'annonce des résultats préliminaires du second tour des élections municipales de Paris, à Paris, en France, le 22 mars 2026. En tant que vainqueur présumé du second tour des élections municipales de 2026, Emmanuel Grégoire est désormais le maire élu de Paris, appelé à succéder à Anne Hidalgo. EPA/YOAN VALAT
KEYSTONE

Le député PS et ex-premier adjoint de la maire sortante voit dans son succès «une promesse exigeante» et «la victoire d'une certaine idée de Paris, un Paris vivant, progressiste, populaire».

«Ce n'est pas la victoire d'un Paris contre un autre», a ajouté M. Grégoire, dont les sondages prédisaient une victoire sur le fil du rasoir.

À Vélib à l'Hôtel de ville

Sitôt sa victoire annoncée, le nouvel édile de la capitale, 48 ans, s'est rendu à Vélib à l'Hôtel de ville, où l'attendaient Anne Hidalgo mais aussi l'ex-maire socialiste Bertrand Delanoë, symbole de la «prise» de Paris par la gauche en 2001.

«Je suis très heureuse, c'est un bonheur immense», a déclaré Anne Hidalgo à son arrivée, lui donnant une longue et chaleureuse accolade, avant de lui remettre la clé de la ville.

«Mes premiers mots vont à Anne Hidalgo pour ses mots chaleureux», a répondu Emmanuel Grégoire, passant l'éponge sur leurs dernières années de brouille.

«Je pense à ceux qui dorment ce soir dans les rues, à ceux qui souffrent, à tous les plus vulnérables qui ont besoin de la gauche», a-t-il ajouté, avant de prendre le métro en direction de la Rotonde Stalingrad.

Douche froide chez Dati

A l'annonce des résultats, plusieurs centaines de sympathisants ont explosé de joie, scandant «Paris reste à gauche !». «Je suis soulagée! Je m'attendais à un petit écart mais là c'est impressionnant», a réagi Nolween Caruso, 27 ans.

Bière à la main et sourire aux lèves, Léo est allé célébrer la victoire sur le parvis de l'Hôtel de ville. «On eu un peu peur que Rachida Dati puisse être élue avec le soutien de l'extrême droite. Dans une ville comme Paris ça aurait fait mal», confie ce militant PS de 26 ans.

Rachida Dati, déjà battue en 2020 par Anne Hidalgo, a reconnu dans un message lapidaire qu'elle n'avait «pas réussi à convaincre suffisamment» que le changement «était non seulement possible, mais surtout qu'il était nécessaire».

Devant son QG, c'est la douche froide pour les militants. «Je suis extrêmement déçue, j'y croyais fort, Paris méritait l'alternance», se désole Eva Sultan, 57 ans, cadre de banque et militante.

«Rejet fort de la droite»

Autre salle, autre ambiance près du QG de campagne de Sophia Chikirou, où une quarantaine de personnes ont explosé de joie à l'annonce de la victoire du député PS.

La candidate insoumise a vu dans cette victoire l'expression du «rejet fort de la droite» et s'est félicitée que des élus LFI entrent pour la première fois au Conseil de Paris.

De son côté, l'ex-candidat Horizons et Renaissance Pierre-Yves Bournazel a dit sur X former «le vœu que Paris réussisse» et «demeure, enfin, la capitale de la lutte contre tous les extrémismes politiques». L'ancien chef de file du centre-droit a fusionné ses listes avec Rachida Dati mais s'est retiré personnellement de la course, un geste perçu comme un désaveu vis-à-vis de l'ex-garde des Sceaux de Nicolas Sarkozy.

Equilibre inchangé dans les arrondissements

«Je suis très triste pour les Parisiens», a déclaré Sarah Knafo, l'ex-candidate d'extrême droite, qui s'était désistée pour «faire battre la gauche».

«Paris est une ville définitivement de gauche», analyse Frédéric Dabi, directeur général de l'Ifop. Selon lui, l'électorat de Pierre-Yves Bournazel «s'est très mal reporté sur Rachida Dati, dont le score est une addition de celui du premier tour, et sans doute de 90% à 95% de Sarah Knafo».

Dans les arrondissements, l'équilibre des forces politiques reste inchangé, avec neuf arrondissements restant à gauche et huit demeurant à droite.

Lucie Castets, ex-candidate de la gauche pour Matignon, a été élue maire du XIIe arrondissement, où elle avait remplacé au pied levé la maire écologiste sortante Emmanuelle Pierre-Marie, épinglée pour son management jugé toxique.

Le chef de file des écologistes parisiens David Belliard, ex-adjoint aux transports d'Anne Hidalgo, a remporté le XIe arrondissement. Il avait obtenu la tête de liste aux termes de l'accord d'union négocié avec les socialistes d'Emmanuel Grégoire, qui ont accepté de céder leur bastion, terre d'élection d'Anne Hidalgo.

L'élection du maire aura formellement lieu dimanche prochain.