Plus de 3000 personnesHommage très politique au militant identitaire battu à mort à Lyon
ATS
21.2.2026 - 19:59
Derrière de larges portraits de Quentin Deranque, plus de 3000 personnes ont défilé samedi à Lyon. Elles ont réclamé «justice» pour le jeune militant d'extrême droite radicale battu à mort par des membres de l'ultragauche.
Selon la préfecture du Rhône, le cortège a compté 3200 personnes (3500 pour les organisateurs).
AFP
Keystone-SDA
21.02.2026, 19:59
ATS
La manifestation s'est tenue sous haute surveillance policière, les autorités redoutant des affrontements dans un contexte de vives tensions politiques provoquées par cette affaire.
Dans la foule, pas de drapeau d'organisation ni de sigle, mais de discrets symboles de l'ultradroite, et surtout des discours très politiques contre «le gauchisme» ou «la violence antifasciste».
Quentin Deranque a succombé à un déluge de coups assénés le 12 février, en marge d'une conférence de l'eurodéputée de La France Insoumise (LFI, gauche radicale) Rima Hassan à Lyon, où il était venu assurer la sécurité de militantes d'un collectif identitaire, Nemesis.
Sept jeunes hommes soupçonnés d'avoir participé aux violences ont été inculpés jeudi pour homicide volontaire et complicité. En tête de cortège, des jeunes femmes membres de Némésis tiennent des roses blanches. Des pancartes «l'extrême gauche tue» côtoyaient des drapeaux bleu-blanc-rouge.
La marche avance dans le calme, même si une voisine jette un oeuf, tandis que d'autres ont accroché à leur fenêtre «Lyon est antifa» ou «l'amour est supérieur à la haine».
Appel au calme
«On ne tolèrera pas le moindre incident au sein du cortège», ni «en marge de cette marche», avait averti la préfecture du Rhône, en expliquant que la vigilance se prolongerait «dans la soirée» afin d'empêcher d'éventuelles batailles de rues. Selon ses services, le cortège a compté 3200 personnes (3500 pour les organisateurs).
La présidente de Némésis, Alice Cordier, était présente, ainsi que d'autres militants identitaires. Au micro, l'un d'eux, Raphaël Ayma, a fustigé «le système qui a tué Quentin» et a appelé à «poursuivre le combat». En fin de cortège, un «La rue est à nous» a fusé.
En fin d'après-midi, la marche a atteint la rue où Quentin Deranque a été roué de coups. Une large banderole noire «Adieu Camarade», assortie d'un symbole chrétien, était déployée, avant que la foule ne se disperse.
La préfecture du Rhône a annoncé samedi qu'elle comptait saisir la justice au sujet de saluts nazis ainsi que d'insultes racistes et homophobes détectés à Lyon pendant l'hommage au militant d'extrême droite radicale Quentin Deranque.
Ces gestes et déclarations ont été repérés sur des vidéos de la marche, mises en ligne sur les réseaux sociaux, a précisé un porte-parole de la préfecture.
Le cortège, qui comptait de nombreux militants d'ultradroite dans ses rangs, a défilé dans le calme sous la surveillance d'un important dispositif policier.
Selon la préfecture, seule une personne a été interpellée, en queue de cortège, pour «port d'armes» (un couteau et un marteau). Le maire écologiste de Lyon, Grégory Doucet, avait plaidé pour que la marche soit interdite, expliquant ne pas vouloir que «Lyon soit la capitale de l'ultradroite».
Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a expliqué avoir pesé le risque de «violences» et de «troubles à l'ordre public» à l'aune de la nécessaire «liberté d'expression».
Messe
Samedi matin, le président Emmanuel Macron avait appelé «tout le monde au calme» et annoncé que le gouvernement se réunirait la semaine prochaine pour discuter des «groupes d'action violente».
Il veut «dissimuler sa responsabilité morale (...) dans l'explosion de la violence d'extrême gauche», a réagi le président du Rassemblement national (RN, extrême droite), Jordan Bardella.
La veille, ce dernier avait demandé aux membres de son parti de ne pas se rendre à la marche. «Nous n'avons aucun lien de près ou de loin avec des organisations d'ultradroite», a martelé celui qui poursuit l'effort de «dédiabolisation» du RN.
Avant le départ du cortège, un hommage à l'étudiant de 23 ans à été rendu dans l'église traditionaliste de Lyon fréquentée par le jeune homme, dont les offices sont dits en latin.
Sur les sept personnes inculpées depuis l'agression, trois sont des proches d'un député de LFI, ce qui met la pression sur la formation de gauche radicale et venant tendre la campagne pour les élections municipales de mars.
Six hommes soupçonnés d'avoir frappé Quentin Deranque ont été inculpés pour «homicide volontaire» et un assistant du député LFI Raphaël Arnault pour «complicité». Ils sont membres ou liés à la Jeune Garde Antifasciste, fondée en 2018 notamment par Arnault et dissoute en juin pour des violences récurrentes.
LFI refuse de demander à son député de quitter son groupe à l'Assemblée, voire de démissionner comme l'exigent droite et extrême droite.
Cette affaire, à l'approche du premier tour des municipales du 15 mars, semble sérieusement compliquer la perspective d'ententes entre les listes de gauche. Après la première ministre italienne Giorgia Meloni jeudi, l'administration de Donald Trump a dénoncé vendredi la violence d'extrême gauche.