Albanie

Incidents sur fond de querelles dans un parti d'opposition

ATS

8.1.2022 - 17:34

La police albanaise a utilisé samedi des canons à eau pour disperser des partisans de l'ancien Premier ministre Sali Berisha. Ils ont tenté d'entrer par la force au siège du Parti démocratique (PD), principale formation d'opposition.

La police aurait dispersé les manifestants en utilisant du gaz lacrymogène, selon des personnes présentes, ce que la police a démenti, disant avoir eu recours à des canons à eau.
La police aurait dispersé les manifestants en utilisant du gaz lacrymogène, selon des personnes présentes, ce que la police a démenti, disant avoir eu recours à des canons à eau.
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ATS

8.1.2022 - 17:34

L'ancien chef du gouvernement albanais (2005-2013), Sali Berisha, aujourd'hui député, a été exclu en septembre du groupe parlementaire des élus du PD, ce qui a déclenché une lutte interne entre lui et le chef du parti, Lulzim Basha.

Berisha, 77 ans, sanctionné en mai 2021 par les Etats-Unis qui l'ont accusé de «corruption» et lui ont interdit de voyager dans le pays, veut récupérer le parti et accuse M. Basha d'avoir été «pris en otage» par le Premier ministre socialiste Edi Rama. Il l'accuse également d'être responsable des échecs consécutifs aux trois dernières élections.

Réunis devant le siège du PD, dans le centre de Tirana, plusieurs centaines de supporteurs de M. Berisha ont pris d'assaut le bâtiment, essayant d'ouvrir la principale porte d'entrée avec des barres de fer et des masses et brisant des fenêtres par des jets de pierres, a constaté un photographe de l'AFP.

Ils ont réussi à pénétrer au rez-de-chaussée du bâtiment dans lequel se trouvaient Lulzim Basha et des députés qui lui sont fidèles, avant que la police ne les disperse, utilisant du gaz lacrymogène selon des personnes présentes, ce que la police a démenti, disant avoir eu recours à des canons à eau.

Blessés légers

«Un policier et un manifestant ont été légèrement blessés», selon un responsable de la police de Tirana, Lorenc Pandenika. Une dizaine de manifestants ont été arrêtés, selon la police. «La bataille se poursuivra. Ce n'est que le début de notre résistance», a déclaré à la presse Sali Berisha, qui se trouvait parmi les manifestants.

M. Basha, considéré comme le bras droit de M. Berisha lorsque ce dernier dirigeait le parti, accuse son ancien mentor politique de vouloir faire du Parti démocratique «un bunker anti-américain pour se protéger de ses affaires de corruption».

M. Berisha rejette les accusations de Washington et affirme qu'elles sont «purement politiques». Il a organisé en décembre un «référendum» au sein du parti et assure qu'une majorité des membres a souhaité le départ de M. Basha, mais le résultat de ce scrutin n'a pas été reconnu par les instances du PD. Vétéran de la vie politique albanaise, Sali Berisha avait également été le premier président non-communiste du pays, entre 1992 et 1997.

ATS