Fan de Musk, Anti-woke... Javier Milei, ce fidèle reflet de Donald Trump qui fait polémique

AFP

6.2.2025

Climatosceptique, anti-woke, fan d'Elon Musk, virulent sur les réseaux sociaux, fervent soutien d'Israël: le président argentin Javier Milei s'aligne sur son homologue américain Donald Trump dans presque tous les domaines.

Javier Milei s'aligne sur son homologue américain Donald Trump dans presque tous les domaines.
Javier Milei s'aligne sur son homologue américain Donald Trump dans presque tous les domaines.
IMAGO/Agencia EFE

AFP

Mercredi, l'Argentine, comme les Etats-Unis en janvier, a annoncé qu'elle quittait l'Organisation mondiale de la santé (OMS). M. Milei a repris les diatribes de son homologue américain lorsqu'il a fustigé la «mauvaise gestion» par l'OMS de la pandémie de Covid-19, ou «son incapacité à faire preuve d'indépendance».

Pour Andrea Oelsner, professeure en relations internationales à l'Université de San Andres à Buenos Aires, cette décision est un «signe supplémentaire» d'un retour à la politique d'"alignement automatique" avec les États-Unis, initiée par le président post-dictature Carlos Menem (1989-1999).

Selon elle, les arguments de M. Milei pour justifier son retrait, arguant que l'OMS empiétait sur la souveraineté de l'Argentine, «est une manière de se rapprocher de Trump».

Climatoscepticisme

Comme Donald Trump qui a promis de «forer à tout-va», javier Milei a dit à plusieurs reprises considérer le réchauffement climatique comme un «cycle», et non une «responsabilité de l'Homme».

Après la réélection de M. Trump en novembre, l'Argentine a retiré sa maigre délégation envoyée à Bakou à la COP29 sur le climat. Dès lors, l'Argentine va-t-elle, comme les Etats-Unis, se retirer de l'Accord de Paris ? «En cours d'évaluation» mais «pas de décision», répond le porte-parole présidentiel.

Premier dirigeant étranger à rendre visite au président élu républicain dans son domaine privé de Mar-a-Lago après sa victoire en novembre, Javier Milei a néanmoins lors du G20 à Rio paraphé la nécessité d'"augmenter substantiellement le financement climatique".

Anti-woke

Comme M. Trump, M. Milei s'est élevé contre ce qu'il appelle «le virus woke», engageant une «bataille culturelle» et s'en prenant au «féminisme radical» et à «l'idéologie de genre» dont la «version extrême» est, selon lui, une «maltraitance d'enfants». Il a fermé l'Institut national contre les discriminations, et dans la foulée interdit l'usage du langage inclusif dans l'armée et l'administration.

L'exécutif argentin entend supprimer la possibilité, en vigueur depuis 2012, de changer d'identité de genre sur simple déclaration, ainsi que les documents d'identité «non binaires» qui depuis 2021 offrent l'option «X». Il compte interdire les traitements et chirurgies de transition de genre pour mineurs, qui depuis une loi de 2012 étaient autorisés.

Dans son discours d'investiture du 20 janvier, M. Trump avait affirmé que son gouvernement ne reconnaîtrait que deux genres, masculin et féminin. Il a également restreint les procédures de transition de genre pour les personnes de moins de 19 ans et entend interdire aux personnes transgenres de servir dans l'armée.

Fan de Musk

M. Milei partage avec M. Trump une profonde admiration pour le patron de X, Tesla et Space X Elon Musk, qu'il qualifie de «Thomas Edison du 21e siècle». Il a aussi précédé son homologue américain en matière de coupes draconiennes dans les dépenses publiques.

Elon Musk, qui s'est vu confier par Donald Trump la mission de sabrer dans les dépenses fédérales américaines, a quant à lui loué les coups de «tronçonneuse» de M. Milei et a jugé que l'Argentine avait avancé «à pas de géant» grâce à lui.

Outrancier sur les réseaux

Les présidents américain et argentin sont tous deux connus pour leur langage à l'emporte-pièce sur les réseaux sociaux.

La liste des noms d'oiseaux employés par M. Milei est longue, que ce soit contre ses opposants ("rats", «dégénérés», «caste putréfiée», «mandrills», «gauchos de m..."), les journalistes ("sbires», «achetés», "délinquants du micro"), les économistes ("escrocs") ou encore les syndicalistes ("voleurs").

Elle rappelle celle de M. Trump dans ses critiques des médias et de ses adversaires, et son slogan «drain the swamp» ("curer le marigot"), leitmotiv de sa campagne en 2016, témoin de sa volonté de secouer l'establishment à Washington.

Soutien inconditionnel à Israël

Javier Milei, bien qu'élevé dans la religion catholique, dit s'être rapproché du judaïsme, étudiant la Torah en autodidacte sans pour autant se convertir. Il considère Israël et les Etats-Unis comme ses deux grands alliés naturels.

Lors d'une visite en Israël l'année dernière, il a annoncé son intention de déplacer l'ambassade d'Argentine de Tel Aviv à Jérusalem, comme l'a fait Trump en 2017, et de reconnaître unilatéralement Jérusalem comme capitale d'Israël. Il a également comparé les attaques du Hamas du 7 octobre 2023 contre Israël à l'Holocauste.

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