Emmanuel Macron : «Je me suis fait avoir avec vous»

ATS

22.11.2021 - 13:24

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22.11.2021 - 13:24

«Je me suis fait avoir avec vous», a déclaré Emmanuel Macron à des anciens du groupe Whirlpool à Amiens, qu'il a rencontrés lundi matin dans un café du centre-ville dans une ambiance très calme, au début d'un visite sur place.

epa09592329 French President Emmanuel Macron delivers a speech during a meeting at the 'Familistere Godin de Guise', a building dating from the 19th century which has now become a museum, in Guise, as part of a trip devoted to the Sambre-Avesnois-Thierache pact, known as the 'SAT pact', northern France, November 19, 2021. EPA/Benoit Tessier MAXPPP OUT
Emmanuel Macron a rencontrés lundi matin dans un café du centre-ville d'Amiens des anciens du groupe Whirlpool.
KEYSTONE

«Ça montre que malheureusement la bonne volonté ne suffit pas. On s'est parfois fait prendre pour des imbéciles», leur a-t-il dit, en allusion aux faillites successives des repreneurs de ce site industriel où il s'est rendu à deux reprises depuis 2017, assurant à chaque fois que le site allait repartir.

«C'est la vie économique et industrielle, on a eu des aventures qui ont déçu tout le monde. Dans les reprises il y a des échecs», a-t-il justifié devant la presse. Mais il a reconnu que le premier repreneur, WN, qu'il était venu accueillir en sauveur en 2017, «s'est comporté comme un chasseur de primes» et «va être jugé».

Les salariés, qui ont subi trois plans de licenciements successifs, depuis la décision de Whirlpool en 2017 de délocaliser en Pologne, lui ont raconté leur difficile parcours. Sur les 278 employés initiaux, 43 n'ont toujours pas de solution, a précisé la DRH du groupe.

«La dernière année a été tellement difficile, on nous a tellement menti. J'ai du mal à en parler, ça a été terrible», lui a dit une ancienne salariée, reconvertie dans l'immobilier. «On aimerait partir en sachant que les 43 qui restent, dont 25 sont en difficulté permanente, ont une solution».

«Depuis quatre ans, on n'a rien lâché pour eux», a renchéri un ex-syndicaliste. «A chaque fois on y croit, on s'investit et ça s'arrête», témoigne une autre.

«Je comprends très bien. Je me suis fait avoir avec vous. Ce n'est pas votre échec à vous. C'est leur échec. Vous êtes victimes des erreurs qui ont eu lieu et que vous avez eu à subir», leur a répondu le président, en promettant de continuer à aider par des solutions individuelles.

La rencontre de lundi matin, avec neuf anciens de Whirlpool dont quatre ex-syndicalistes, avait été dévoilée sur Twitter par François Ruffin, le député LFI de la Somme. «Il a fallu insister très fort» pour cette rencontre, a-t-il déclaré sur France Bleu Picardie. L'entourage du président a cependant affirmé qu'elle était en préparation depuis «plusieurs jours».

L'usine de sèche-linges Whirlpool avait fermé définitivement en juin 2018. Le premier repreneur WN avait connu une liquidation un an et demi plus tard et le second, Ageco, avait connu le même sort.

En 2017 dans l'entre-deux tours, Whirlpool était devenu un totem politique, après un duel-surprise sur place entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron, tous deux promettant de sauver les emplois.

Après cette rencontre, le chef de l'Etat s'est rendu à la Halle Freyssinet où il était attendu sur plusieurs annonces économiques, en présence du président de la région Hauts-de-France Xavier Bertrand, candidat à l'investiture LR pour la présidentielle.

Le chef de l'Etat se trouvait déjà dans la région vendredi, où il a annoncé une aide de l'Etat pour le territoire Sanbre-Avesnois-Thérache.

François Ruffin, accompagné d'une dizaine de sages-femmes en grève depuis plus d'un mois, l'a également interpellé sur le sort des AESH (accompagnants d'élèves en situation de handicap) qui gagnent moins de 1.000 euros par mois et sur celui des sage-femmes qui ont «perdu le sens de leur travail».

«Ce que vous dites est vrai», a admis le président sur ce dernier point, en souhaitant une meilleure organisation.

ATS