ONUAide au développement: ce qui baisse, ce qui augmente
ATS
27.6.2025 - 07:38
La conférence de l'ONU sur le financement du développement démarre le 30 juin à Séville dans un environnement particulièrement sombre: multiplication des conflits, crises humanitaires et choc du désengagement des Etats-Unis.
L'Afrique est la région du monde qui concentre la part la plus importante de l'aide internationale. (image d'illustration)
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Keystone-SDA
27.06.2025, 07:38
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Aperçu des difficultés de l'aide au développement, à travers des baisses et des hausses marquantes:
Aide en baisse
- L'aide publique au développement recule: pour la première fois en six ans, le montant accordé par 32 pays riches de l'OCDE et l'Union européenne a diminué en 2024, de 7,1% (en terme réel) à 212,1 milliards de dollars, selon une estimation de l'OCDE.
- Les Etats-Unis sont restés en 2024 en tête des contributeurs, avec 63,3 milliards de dollars devant l'Allemagne (32,4 milliards), le Royaume-Uni (18 milliards), le Japon (16,8 milliards) et la France (15,4 milliards). Ce classement risque fort d'être bouleversé en 2025, avec le gel de l'aide internationale décrété par le président américain Donald Trump. Au final, 83% des programmes de l'agence USAID, notamment d'aide d'urgence ou d'accès aux soins, sont supprimés.
- Depuis l'invasion par la Russie en 2022, l'Ukraine bénéficie d'importants financements, comptabilisés en partie comme aide humanitaire ou au développement. En 2023, Kiev était ainsi en tête des pays receveurs (38,9 milliards de dollars, total reçu des membres de l'OCDE, des pays hors OCDE et d'organisations multilatérales), mais en 2024, la tendance est à la baisse: -17% pour l'aide des seuls pays de l'OCDE.
- L'Afrique est la région du monde qui concentre la part la plus importante de l'aide internationale: 68 milliards de dollars, soit un quart du montant global pour 2023. Mais les chiffres préliminaires pour 2024 montrent une baisse de l'aide des pays de l'OCDE vers l'Afrique (-1%) et un recul plus prononcé (-3%) vers les pays les moins avancés, groupe d'une cinquantaine de nations, majoritairement africaines, considérées par l'ONU comme les plus vulnérables.
Dette et pauvreté en hausse
- La dette extérieure totale du groupe des pays les moins avancés a été multipliée par plus de trois en 15 ans, selon l'UNCTAD, organe de l'ONU pour l'intégration des pays en développement dans l'économie mondiale. Ces pays paient aujourd'hui globalement davantage pour rembourser leur dette extérieure que pour leur système d'éducation.
- L'extrême pauvreté touche aujourd'hui plus de 800 millions de personnes, vivant avec moins de trois dollars par jour, selon la Banque mondiale. Après des décennies de progrès, la pauvreté extrême, surtout concentrée en Afrique subsaharienne, est repartie à la hausse. «Les effets de la pandémie de Covid-19, la croissance ralentie, l'endettement, les conflits et chocs météorologiques» expliquent ce retournement.
- Les nations les plus pauvres ont, en outre, un besoin grandissant de financement pour faire face au changement climatique: 17 des 20 pays les plus vulnérables face au climat sont aussi parmi les moins développés, comme le Tchad, l'Erythrée, l'Afghanistan ou Haïti. Or, une part importante des aides pour s'adapter ou combattre le réchauffement global sont accordés aux plus pauvres sous forme de prêts et non pas de dons, leur faisant courir «le risque d'être pris au piège de dette climatique», souligne l'UNCTAD.