Financement du parti L'ex-première ministre écossaise Nicola Sturgeon arrêtée

ATS

11.6.2023 - 16:01

L'ex-dirigeante indépendantiste écossaise Nicola Sturgeon, qui a démissionné de son poste de première ministre en février, a été arrêtée dimanche dans le cadre d'une enquête sur le financement de son parti politique, le SNP, ont annoncé des médias britanniques.

Nicola Sturgeon est suspectée dans le cadre d'une enquête sur le financement de son parti.
Nicola Sturgeon est suspectée dans le cadre d'une enquête sur le financement de son parti.
ATS

11.6.2023 - 16:01

«Une femme de 52 ans a été arrêtée aujourd'hui, dimanche 11 juin 2023, en tant que suspecte dans le cadre de l'enquête en cours sur le financement et les finances du Parti national écossais», a annoncé la police écossaise. Il s'agit selon la BBC et l'agence PA de Nicola Sturgeon.

«La femme a été placée en garde à vue et est interrogée par» la police écossaise, ajoute celle-ci.

Les médias britanniques puis sa porte-parole ont confirmé qu'il s'agissait bien de Nicola Sturgeon.

Elle a été interrogée sous le régime de la garde à vue pendant environ sept heures et relâchée en attendant de nouveaux développements, a indiqué la police.

Perquisitions

Des perquisitions ont été effectuées dans plusieurs propriétés, notamment au domicile de Nicola Sturgeon et de son époux Peter Murrell, où une tente de police a été érigée dans le jardin, et au siège du SNP à Edimbourg, selon l'agence PA.

Début avril, Peter Murrell, qui était jusqu'à la mi-mars directeur général du SNP, a été arrêté dans le cadre de cette enquête, avant d'être remis en liberté le soir-même sans poursuites.

Quelques jours plus tard, c'est le trésorier du SNP, Colin Beattie, qui avait été interpellé. Il avait lui aussi été relâché sans que des charges ne soient retenues contre lui.

Les investigations portaient alors notamment sur l'utilisation de dons de 600'000 livres sterling (683'000 euros) collectés ces dernières années en vue d'organiser un nouveau référendum d'indépendance, projet dans l'impasse face au rejet de Londres. Les médias ont aussi évoqué des questions sur un prêt qu'il aurait versé au parti.

Culture du secret

Après l'arrestation de Nicola Sturgeon, un porte-parole du SNP a indiqué que le parti coopérait avec les enquêteurs mais a refusé de commenter «tant que l'enquête est en cours».

Dans l'opposition, un membre du parti travailliste écossais, Ian Murray, a jugé que l'arrestation représentait «un développement très inquiétant». «Pendant trop longtemps, une culture du secret et de la dissimulation a pu s'installer au coeur du SNP», a-t-il jugé.

Après huit ans à la tête de l'Ecosse et au total 15 ans à des postes à responsabilités dans l'exécutif local, Nicola Sturgeon a annoncé mi-février sa démission à la surprise générale, expliquant manquer d'énergie. Pendant toutes ces années au pouvoir, elle a porté le combat indépendantiste avec détermination.

Le parti, affaibli par ce départ, est aussi sorti divisé de la campagne interne qui a abouti à la nomination en mars comme premier ministre d'Humza Yousaf, 38 ans.

Le dirigeant, premier de confession musulmane à la tête d'une des nations constitutives du Royaume-Uni, est considéré comme incarnant la continuité après Mme Sturgeon, avec une ligne progressiste sur les questions sociétales et une sensibilité de gauche sur l'économie.

Sur la BBC, Humza Yousaf a redit dimanche matin qu'il serait «le leader qui veillera à ce que l'Ecosse devienne une nation indépendante».

Mais le combat pour l'indépendance, un temps relancé par le Brexit et l'impopularité des gouvernements conservateurs successifs à Londres, semble dans l'impasse. La Cour Suprême a rejeté la volonté d'Edimbourg d'organiser un nouveau référendum sans l'accord de Londres, après le vote qui avait abouti à la victoire du «non» à 55% en 2014.

ATS