«Une agression»Attaque iranienne à l'aéroport du Koweït : un mort et 63 blessés
ATS
3.6.2026 - 21:07
Un ressortissant indien a été tué et une soixantaine de personnes blessées mercredi lors d'une attaque imputée à l'Iran contre l'aéroport du Koweït. C'est la première frappe meurtrière dans le Golfe depuis l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu le 8 avril entre l'Iran et les Etats-Unis.
Les frappes ont visé à l'aube un terminal, provoquant la mort d'un passager indien, selon l'ambassade indienne, tandis que 63 autres personnes ont été hospitalisées.
IMAGO/Xinhua
Keystone-SDA
03.06.2026, 21:07
03.06.2026, 22:59
ATS
Les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique, ont démenti avoir attaqué l'aéroport. Les frappes ont visé à l'aube un terminal, provoquant la mort d'un passager indien, selon l'ambassade indienne, tandis que 63 autres personnes ont été hospitalisées.
Parmi elles, «des civils, des employés de l'aéroport et des voyageurs», présentant notamment «des blessures à la tête, des hémorragies cérébrales, des amputations», a précisé le Ministère koweïtien de la santé dans un communiqué. Le trafic aérien a été suspendu quelques heures, avant de reprendre progressivement.
Le Ministère des affaires étrangères a dénoncé des «agressions iraniennes continues», et il a convoqué le chargé d'affaires iranien par intérim pour l'informer de sa décision de déclarer deux membres de l'ambassade persona non grata.
Depuis le début de la guerre, déclenchée le 28 février par une attaque israélo-américaine contre l'Iran, le Qatar et l'Arabie saoudite ont procédé à des mesures similaires d'expulsion, tandis que les Emirats arabes unis ont fermé leur ambassade à Téhéran.
L'armée koweïtienne a recensé mercredi au total 13 missiles balistiques interceptés au-dessus de plusieurs zones résidentielles, ainsi que 17 drones. Ces attaques ont provoqué des dégâts «dans des installations vitales, dont des missions diplomatiques», ont précisé les autorités sans plus de détails.
«Responsabilité directe»
Les Gardiens de la Révolution ont démenti avoir frappé l'aéroport. «Notre examen de l'attaque du terminal passagers de l'aéroport du Koweït montre que l'armée de l'air des Gardiens de la Révolution n'a pas tiré sur cette cible», a déclaré le porte-parole des Gardiens Hossein Mohebi, selon la chaîne Telegram de cette puissante force militaire.
«La destruction du terminal passagers de l'aéroport du Koweït est due à une erreur des systèmes américains Patriot, dont les projectiles ont frappé le terminal après avoir échoué à intercepter les missiles iraniens», a-t-il estimé.
Les Gardiens ont en revanche revendiqué des frappes sur une base militaire au Koweït, disant avoir agi en représailles à des attaques américaines contre un pétrolier iranien et une tour de télécommunication sur l'île iranienne de Qeshm, située dans le Golfe.
«En réponse à cette agression, la base aérienne d'Ali al-Salem au Koweït abritant des hélicoptères, ainsi que le siège de la Cinquième flotte navale américaine à Bahreïn, ont été attaqués par des missiles et des drones», ont-ils indiqué, pointant «la responsabilité directe» de ces deux pays du Golfe.
La base Ali al-Salem, qui abrite des militaires américains, est située à une soixantaine de kilomètres de l'aéroport.
Attaques repoussées
L'Iran accuse certains pays du Golfe alliés de Washington d'avoir autorisé des attaques américaines depuis leur sol, ce que le Koweït a de nouveau démenti mercredi.
De son côté, l'armée américaine a dit dans la nuit avoir repoussé plusieurs attaques iraniennes, par missiles et drones, contre ses bases et ses alliés dans le Golfe. Des explosions ont été entendues dans la nuit à Bahreïn où ont retenti les sirènes d'alerte, selon un correspondant de l'AFP.
L'aéroport du Koweït, qui a accueilli près de 15 millions de passagers en 2025, avait été visé à plusieurs reprises par des frappes iraniennes, avant le 8 avril. Il avait repris totalement ses opérations au début du mois.
Dans le périmètre de l'aéroport, se trouve une zone logistique inaugurée en 2019 et présentée alors comme un centre de soutien aux opérations militaires américaines.