«Très pessimiste»L'Iran pourrait sortir du traité de non-prolifération, estime un expert
ATS
22.6.2025 - 22:48
L'expert suisse en sécurité Roland Popp est «très pessimiste» sur les chances de voir revenir l'Iran à la table des négociations sur son programme nucléaire. Il craint plutôt de voir Téhéran se retirer du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP).
epa12152073 Des exemplaires du magazine iranien Tejarat Farda, titré « Les avantages de la paix » et comportant une photo du président iranien Masoud Pezeshkian et du président américain Donald Trump, sont visibles dans un kiosque à Téhéran, en Iran, le 3 juin 2025. Selon l'agence de presse IRNA, le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a déclaré le 2 juin 2025 que l'Iran répondrait bientôt de manière appropriée à la proposition écrite des États-Unis, ajoutant qu'aucun accord ne serait possible sans le respect du droit de l'Iran à enrichir de l'uranium. EPA/ABEDIN TAHERKENAREH
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22.06.2025, 22:48
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Une telle décision signifierait qu'il ne pourrait plus y avoir de vérifications internationales des activités nucléaires de la République islamique, a déclaré dimanche le chercheur à l'Académie militaire de l'Ecole polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ) à la télévision alémanique SRF.
Avec un Iran membre du TNP, on sait plus ou moins ce qui se passe dans ce pays, a-t-il expliqué. S'il en sort, il n'y aura plus de contrôles et alors «tout peut arriver».
Interrogé sur le scenario à attendre au cas où Téhéran refuserait de revenir à la table des négociations, M. Popp a affirmé qu'il ne s'attendait pas à une escalade. L'Iran a bien un partenariat avec la Russie dans le domaine de la politique de sécurité, mais pas de véritable alliance impliquant un devoir d'assitance. L'Iran n'a que peu d'alliés.
Fuite de gaz d'uranium
La SRF a également interrogé l'ancien physicien en chef de l'armée suisse, Walter Rüegg, sur les conséquences des frappes américaines en Iran. L'expert a souligné qu'en cas de bombardement d'une installation d'enrichissement d'uranium, le plus grand danger est qu'on touche des centrifugeuses.
Ces engins contiennent de l'uranium sous forme gazeuse, qui peut remonter à la surface et être très toxique en cas de forte concentration.
Selon M. Rüegg, le danger pour la population iranienne est toutefois faible car les installations d'enrichissement sont situées dans des zones désertes. Le temps qu'un gaz toxique atteigne des zones habitées, il se sera dilué et ne représentera plus aucun danger, a-t-il expliqué.