Conflit diplomatique

L'Onu condamne les positions du président turc 

ATS

23.7.2021 - 19:14

ATS

23.7.2021 - 19:14

Le Conseil de sécurité de l'Onu a approuvé vendredi une déclaration unanime réclamant un règlement du conflit chypriote «basé sur une fédération bicommunautaire et bizonale avec l'égalité politique». Il a condamné la position du président turc Recep Tayyip Erdogan sur cette île.

Turkish President Recep Tayyip Erdogan, talks before the military parade marking the 47th anniversary of the 1974 Turkish invasion in the Turkish occupied area of the divided capital Nicosia, Cyprus, Tuesday, July 20, 2021. The only route to lasting peace on ethnically divided Cyprus is through the international community's acceptance of two separate states on the east Mediterranean island nation, Turkey's president said. (AP Photo/Nedim Enginsoy)
Le président turc Recep Tayyip Erdogan en plein discours
KEYSTONE

Les membres du Conseil «condamnent l'annonce faite à Chypre par les dirigeants turc et chypriote turc le 20 juillet 2021 de la nouvelle réouverture d'une partie de la zone clôturée de Varosha. Le Conseil de sécurité exprime son profond regret face à ces actions unilatérales qui vont à l'encontre de ses résolutions et déclarations précédentes», précise le texte qui devait être adopté formellement dans la journée.

Le Conseil demande aussi «le retrait immédiat» de cette mesure et celui «de toutes les changements opérés à Varosha depuis octobre 2020», ajoute la déclaration. «Le Conseil de sécurité souligne l'importance du plein respect et de la mise en oeuvre de ses résolutions, y compris le transfert de Varosha sous une administration de l'Onu», indique le texte rédigé par le Royaume-Uni.

A l'origine, cette déclaration devait être adoptée mercredi dans la foulée d'une réunion à huis clos du Conseil de sécurité sur Chypre prévue de longue date. Son adoption a été retardée du fait d'une «surenchère» pendant deux jours visant à condamner la Turquie et durcir le texte, a indiqué à l'AFP un diplomate sous couvert d'anonymat.

Ce mouvement de durcissement d'un texte est rarissime au Conseil de sécurité de l'Onu, où les déclarations sont en général plutôt adoucies au fil des négociations pour emporter l'adhésion du plus grand nombre.

Deux Etats

Lors d'une visite à Chypre-nord mardi, le président turc Recep Tayyip Erdogan a estimé que «nul progrès dans les négociations ne (pouvait) être fait sans accepter qu'il y ait deux peuples et deux Etats» sur l'île. Cette dernière est divisée entre la République de Chypre – membre de l'Union européenne – qui exerce son autorité au sud, et la République turque de Chypre-Nord (RTCN) autoproclamée en 1983, uniquement reconnue par Ankara.

Le président turc avait aussi annoncé la poursuite de la réouverture de Varosha, ville fantôme symbole de la division de l'île méditerranéenne. Ses prises de position avaient été condamnées dès mercredi par les Etats-Unis, la Grèce, l'Onu, la Russie et l'Union européenne.

Les négociations sur un règlement du conflit sont dans l'impasse depuis 2017. En avril, une tentative de relance des pourparlers par le secrétaire général de l'Onu, Antonio Guterres, dont l'Organisation surveille une zone tampon entre les deux parties de l'île, s'était soldée par un échec.

ATS