L'ONU dénonce des crimes récents en RDC

ATS

5.6.2020 - 10:39

La Haute commissaire aux droits de l'homme Michelle Bachelet dénonce de possibles crimes contre l'humanité en RDC et de possibles crimes de guerre (archives).
Source: KEYSTONE/MARTIAL TREZZINI

L'ONU dénonce des violences pendant les huit derniers mois en République démocratique du Congo (RDC) qui pourraient équivaloir à des crimes contre l'humanité et des crimes de guerre. Environ 1300 civils ont été tués sur cette période, a-t-elle dit vendredi à Genève.

Le nombre de victimes a explosé dans les dernières semaines dans les régions de l'Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Les groupes armés ont perpétré des atrocités qui ont déplacé des centaines de milliers de personnes. Mais les forces de sécurité sont elles aussi responsables de violations graves des droits de l'homme. La Haute commissaire aux droits de l'homme Michelle Bachelet se dit «consternée» par ces meurtres et ces violences sexuelles.

En Ituri, le nombre de groupes armés s'est multiplié et le conflit s'est élargi à de nouvelles zones. Mme Bachelet salue les communautés visées qui n'ont pour le moment pas lancé de représailles. Mais elle redoute que celles-ci établissent des entités qui contribueraient à détériorer la situation. En octobre et à fin mai dernier, au moins 531 civils ont été tués dans cette région par les groupes armés et quelques-uns par les forces de sécurité.

Au Nord-Kivu, le principal groupe a tué plus de 510 civils et a ciblé des écoles ou des centres de santé. Les forces de sécurité ont elles fait près de 85 victimes. Plus de 400'000 personnes ont été déplacées. La Haute commissaire appelle les autorités à étendre la présence des forces de sécurité et demande à celles-ci de «protéger les civils» plutôt que de s'en prendre à eux.

Au Sud-Kivu, plus de 70 personnes ont été tuées par des groupes armés et quelques-unes par les forces de sécurité. Plus de 100'000 ont été déplacées. Des dizaines d'autres victimes civiles ont été observées dans d'autres régions où la réponse des forces de sécurité contre des militants est considérée par le Haut-Commissariat aux droits de l'homme comme disproportionnée.

Mme Bachelet demande aux autorités d'oeuvrer «pour empêcher» de nouvelles violations «graves». Les investigations qui ont été lancées doivent être indépendantes, a aussi dit la Haute commissaire.

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