Tensions

L'Ukraine appelle l'Otan à accélérer son adhésion pour envoyer «un signal» à Moscou

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6.4.2021 - 17:40

"L'Otan, c'est la seule voie vers la fin de la guerre dans le Donbass", a écrit le président ukrainien Volodymyr Zelensky dans un tweet (archives).
ATS

Le président ukrainien a appelé mardi l'Otan à accélérer l'adhésion de son pays. Il veut ainsi envoyer un «vrai signal» à la Russie, qui a aussitôt protesté sur fond de tensions croissantes autour de l'est séparatiste de l'Ukraine.

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6.4.2021 - 17:40

Une entrée de l'Ukraine dans l'Alliance atlantique, considérée comme un adversaire stratégique par Moscou, est depuis des années un chiffon rouge pour le Kremlin qui considère l'élargissement à l'est de l'alliance comme une menace.

«L'Otan, c'est la seule voie vers la fin de la guerre dans le Donbass», territoire de l'est ukrainien en proie à un conflit avec des séparatistes prorusses, a écrit le président Volodymyr Zelensky dans un tweet adressé au secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg, après leur entretien téléphonique.

Mort de quatre soldats

Cet échange intervient alors que l'armée ukrainienne a annoncé mardi la mort de quatre soldats après une succession de heurts sur le front ces dernières 48 heures.

M. Zelensky a promis d'aller de l'avant avec les réformes de l'armée réclamées par l'Otan mais a souligné que «les réformes seules n'arrêteront pas la Russie». Pour lui, «le Plan d'action pour l'adhésion sera un vrai signal à l'égard de la Russie».

Quelques minutes plus tard, le Kremlin a jugé qu'une telle démarche aggraverait le conflit avec les séparatistes dont la Russie, malgré ses dénégations, est considérée comme le parrain. «De notre point de vue, cela fera encore empirer la situation», a déclaré le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov.

«Vive préoccupation»

M. Stoltenberg a exprimé de son côté sur Twitter sa «vive préoccupation concernant les activités militaires de la Russie en Ukraine», faisant écho aux déclarations des Etats-Unis, du Royaume Uni et de l'Union européenne.

Mais un responsable de l'organisation a douché les espoirs ukrainiens d'une accession accélérée, disant sous couvert d'anonymat à l'AFP que Kiev devait «se concentrer sur (ses) réformes» et renforcer ses capacités de défense «conformément aux normes de l'Otan».

Les propos de M. Zelensky interviennent en pleine tension russo-ukrainienne, Kiev accusant la Russie de masser des soldats et du matériel à ses frontières, ainsi que dans la péninsule de Crimée annexée par Moscou en 2014.

Les autorités russes affirment que ces mouvements de troupes n'ont rien de menaçant et accusent Kiev d'être responsable du regain des heurts sur le front.

Ces échanges verbaux musclés et la multiplication des affrontements cette année avec les séparatistes prorusses ont mis fin à une trêve qui avait été relativement respectée durant la deuxième moitié de 2020.

Crainte d'une escalade

Désormais, observateurs et diplomates disent craindre une escalade du conflit qui a débuté en 2014. Kiev a encore annoncé la mort de deux ses soldats tués par balles lundi. Mardi, deux autres militaires ont été tués sur la ligne de front, a indiqué l'armée.

Cela porte à 25 le nombre de soldats tués depuis le début de l'année contre 50 pour l'ensemble de l'année précédente.

Sur les positions ukrainiennes près d'Avdiïvka, à quelque kilomètres de la ville séparatiste de Donetsk, des militaires ukrainiens ont déclaré à l'AFP être prêts à riposter en cas d'attaque.

«On les défoncera. Reculer n'est pas une option», a lancé le sergent Vitaly – nom de guerre Mahmoud -, un barbu de 35 ans. Pour lui, les Occidentaux doivent être vigilants face au président russe Vladimir Poutine qui «veut restaurer l'URSS, l'Ukraine seule ne lui suffira pas».

«Avant, ça ne tirait presque pas», maintenant «ils tentent systématiquement de détruire nos positions» avec des bombardements pour «nous démoraliser, intimider», commente son camarade Volodymyr, 26 ans.

L'Ukraine et la Géorgie, deux ex-républiques soviétiques, qui souhaitent adhérer à l'Otan espéraient déjà rejoindre le MAP lors d'un sommet de l'Alliance en 2008 à Bucarest, mais plusieurs capitales occidentales, notamment Paris et Berlin, ont préféré de pas soutenir cette idée pour ménager la Russie.

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