La COP26 essaie de ménager la chèvre et le chou

sn, ats

13.11.2021 - 10:36

La présidence de la COP26 tente un mouvement pour éviter le blocage par les pays en développement sur la question des dommages. Dans le nouveau projet de texte samedi, l'appel à accélérer la sortie du charbon et des subventions aux énergies fossiles reste lui nuancé.

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13.11.2021 - 10:36

Les négociations se sont poursuivies à la COP26 à Glasgow pour tenter d'arracher un accord.
ATS

Vendredi, le G77, qui rassemble de nombreux pays en développement, s'était montré très fâché que sa proposition d'un mécanisme sur les dommages déjà observés en raison du changement climatique n'était pas reflétée dans les textes. Il en appelait notamment aux Etats-Unis, plus grand émetteur depuis le début de la période industrielle, qui ne semblaient pas vouloir bouger.

Certains pays insulaires ne seraient pas préservés si aucune action sur cette question n'est menée. Et les dommages ne vont faire qu'augmenter, a aussi dit vendredi la conseillère fédérale Simonetta Sommaruga.

Les pays en développement ont clairement laissé entendre que leur patience était mise à l'épreuve. D'autant plus que les pays riches n'ont pas honoré leur promesse de mobiliser 100 milliards de dollars de fonds publics et privés par an dès 2020 pour les aider face au changement climatique.

Pas de nouveau changement sur le charbon

Dans le nouveau projet de décision dévoilé samedi, un dialogue est proposé pour trouver un accord sur le financement des dommages. Mais le texte ne mentionne pas le mécanisme souhaité par les pays en développement, une attitude qui provoque la colère de Greenpeace International.

Sur le financement plus largement, le texte demande aux pays riches qui ne l'ont pas fait de doubler leur enveloppe pour l'adaptation au changement climatique. Là encore, de quoi tenter de satisfaire aussi les Etats en développement.

De leur côté, les pays comme la Suisse qui n'étaient pas contents de la révision présentée vendredi par la présidence britannique sur l'appel à accélérer la sortie du charbon et des subventions aux énergies non renouvelables n'ont pas obtenu de modification. Le projet de samedi nuance toujours les efforts. Il les limite au charbon dont l'impact n'est pas atténué par des technologies permettant de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Et aux subventions «inefficaces».



Mme Sommaruga a dit vendredi que ce dispositif ne permettrait pas de limiter le réchauffement à 1,5°C d'ici 2100, un objectif toujours affiché pour la conférence par la présidence britannique. Mais une formulation plus radicale pourrait pousser des Etats comme l'Arabie saoudite à tenter de faire échouer la conférence.

Autre injonction, les projets de textes appellent toujours à une réduction de 45% des émissions en 2030 par rapport à 2010 et à une neutralité carbone d'ici 2050. Alors même que la Chine et l'Arabie saoudite ne prévoit celle-ci que pour 2060 et l'Inde pour 2070.

Accélération des efforts

Le projet de document final révisé demande également toujours aux Etats de revenir l'année prochaine avec des plans plus ambitieux pour s'aligner sur les objectifs de l'Accord de Paris. Les efforts pour limiter à 1,5°C, 2°C maximum, le réchauffement climatique sont insuffisants.

L'enthousiasme après les annonces de dirigeants la semaine dernière, dans les premiers jours de la COP à Glasgow, a laissé place à la dure sanction des évaluations. Les promesses actuelles des pays permettraient au mieux d'atteindre 1,8°C, même si l'étude considérée comme la plus sérieuse arrive plutôt à 2,4°C. L'ONU avait elle dit lundi que ces contributions ne changeraient pas vraiment son estimation, à 2,7°C.

Après près de deux semaines de discussions intenses, les négociations de la COP26, prévues jusqu'à vendredi, ont été prolongées pour arracher un compromis. La présidence britannique de la conférence souhaite un accord par consensus dans l'après-midi entre les près de 200 Etats présents à Glasgow.

En Suisse, les Verts ont condamné samedi par avance le résultat de la COP, considérant que celle-ci avait échoué à lancer des actions concrètes pour limiter le réchauffement climatique. Le Conseil fédéral ne fait pas vraiment mieux, sans objectif contraignant, selon le parti.

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