Deux Corées

La Corée du Sud interdit l'envoi de tracts vers la Corée du Nord

ATS

14.12.2020 - 19:03

North Korean leader Kim Jong Un, top, walks toward South Korean President Moon Jae-in, bottom, at the border village of Panmunjom in the Demilitarized Zone Friday, April 27, 2018. Kim made history Friday by crossing over the world's most heavily armed border to greet his rival, Moon, for talks on North Korea's nuclear weapons. (Korea Summit Press Pool via AP)
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Korea Summit Press Pool via AP

La Corée du Sud a interdit lundi l'envoi de tracts de propagande par ballons aériens vers son voisin du Nord. La décision est critiquée par des défenseurs des droits qui y voient une atteinte aux libertés par complaisance envers la Corée du Nord.

Ces tracts, envoyés par ballons gonflables dans les airs ou via de petits flotteurs sur des rivières à travers la zone démilitarisée, sont utilisés depuis longtemps par les militants du Sud pour dénoncer le régime de Kim Jong Un et faire passer des messages aux habitants du Nord.

Ces tracts hérissent le régime de Pyongyang, qui les a violemment critiqués à de multiples reprises cette année et, pour maintenir la pression diplomatique, avait suspendu un projet d'un bureau de liaison frontalier.

Le parlement sud-coréen a adopté lundi à une large majorité une loi qui prohibe l'envoi de ces tracts, argent ou clé USB – cette dernière solution étant privilégiée pour l'envoi d'informations extérieures vers un pays quasiment coupé du monde. Les contrevenants encourent une peine de trois ans de prison ou une amende de 30 millions de Won sud-coréens, environ 24'235 francs.

«Je ne reconnais pas la légalité de cette loi, et je vais poursuivre ce que je faisais: envoyer un message de paix à 25 millions de personnes de l'autre côté de la frontière», a expliqué à l'AFP Park Sang-hak, le dirigeant des Combattants pour une Corée du Nord libre, l'une des organisations qui envoient ces tracts vers le Nord.

«La Corée du Nord est le seul pays sur cette planète qui prive son peuple d'internet», a-t-il dénoncé. «C'est un acte barbare qui viole leur droit à connaitre la vérité.»

Activités poursuivies malgré tout

L'ONG Human Right Watch, basée à New York, avait appelé le parlement à rejeter le texte, estimant que le Sud «semble plus intéressé de contenter Kim Jong Un que de laisser ses citoyens exercer leurs droits fondamentaux au nom de leurs voisins du Nord.»

Les deux Corées avaient convenu l'arrêt de ces échanges de propagande – y compris via de puissants haut-parleurs – lors d'un premier sommet entre le président sud-coréen Moon et son homologue en 2018. C'était sans compter sur les militants du Sud, menés principalement par des transfuges de la république populaire, qui poursuivent inlassablement leurs activités près de la frontière.

Les relations inter-coréennes se sont refroidies depuis l'échec des discussions entre Kim Jong Un et le président américain Donald Trump au sommet de Hanoï en février 2019.

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