Tir d’un missile hypersonique La Corée du Nord gonfle les muscles

ATS

25.6.2024 - 23:48

La Corée du Nord a procédé tôt mercredi à un tir d'essai de ce qui semble être un missile hypersonique, a annoncé un responsable de l'état-major interarmées sud-coréen. Le lancement s'est conclu sur une explosion en vol.

Le ou les missiles nord-coréens semblent s'être abîmés en mer, selon la Corée du Sud.
Le ou les missiles nord-coréens semblent s'être abîmés en mer, selon la Corée du Sud.
ats

25.6.2024 - 23:48

Le tir est intervenu quelques heures seulement après l'envoi par Pyongyang de nouveaux ballons chargés de déchets vers la Corée du Sud qui a conduit à la suspension des départs et arrivées à l'aéroport d'Incheon, près de Séoul.

Le missile a été mis à feu vers 05h30 et les services de renseignement sud-coréen et américain conduisent depuis lors une analyse détaillée du tir, a indiqué l'état-major interarmées (JCS) dans un communiqué.

D'après un responsable au sein du JCS, Pyongyang semble avoir mené un tir d'essai de missile hypersonique, mais le test semble avoir finalement échoué après un vol d'environ 250 kilomètres conclu sur une explosion.

Une quantité inhabituelle de fumée a semblé s'échapper de l'engin, a rapporté le responsable du JCS, soulevant la possibilité de problèmes de combustion. D'après cette même source, le missile a pu être propulsé par du combustible solide.

Production augmentée

Le Japon a également confirmé le lancement et ses gardes-côtes ont indiqué que le missile s'était finalement abîmé dans la mer du Japon.

Le précédent tir de missiles nord-coréen remonte au 30 mai, lorsque Séoul a accusé Pyongyang d'avoir tiré une salve d'une dizaine de missiles balistiques de courte portée.

Des analystes suggèrent que la Corée du Nord a entrepris une augmentation de sa production de missiles afin de les fournir à la Russie, dans le cadre de sa guerre en Ukraine, ce qu'un rapport publié le mois dernier par le Pentagone a confirmé.

Le lancement de mercredi intervient dans un contexte de tensions transfrontalières accrues, la Corée du Nord ayant multiplié ces derniers temps les envois de ballons chargés d'immondices en territoire sud-coréen.

Lundi et mardi, Pyongyang a encore envoyé des centaines de ballons lestés de déchets de l'autre côté de la frontière intercoréenne. Selon une analyse de l'armée sud-coréenne, les ballons transportaient «principalement des déchets en papier», qui ne présentaient aucun risque pour la population.

Un des aérostats nord-coréens de ce dernier envoi est retombé au niveau d'une porte d'embarquement de l'aéroport international d'Incheon, à l'ouest de Séoul, a indiqué à l'AFP un responsable de la gestion de l'infrastructure.

Exercices militaires

D'après la même source, les arrivées et les départs intérieurs et internationaux «ont été suspendus pendant plus de trois heures de 01h46 à 04h43». L'aéroport fonctionne à nouveau normalement, selon ce même responsable.

Pyongyang a déjà envoyé plus d'un millier de ballons transportant des déchets vers le Sud, qu'il présente comme des représailles à des envois de ballons transportant de la propagande par des militants sud-coréens opposés au numéro un de Pyongyang, Kim Jong-un.

En réponse, Séoul a totalement suspendu un accord militaire visant à réduire les tensions et a relancé certaines émissions de propagande par haut-parleurs le long de la frontière.

La puissante soeur du dirigeant nord-coréen Kim Jong-un et principale porte-parole du gouvernement, Kim Yo-jong, a averti la Corée du Sud au début du mois que si les largages de tracts et les diffusions par haut-parleurs se poursuivaient, Séoul «serait sans aucun doute témoin d'une nouvelle contre-offensive» de la Corée du Nord.

Mardi, le président sud-coréen Yoon Suk-yeol a visité un porte-avions américain arrivé dans son pays pour des exercices militaires conjoints. Ces exercices, auxquels le Japon prend également part, doivent débuter plus tard en juin.

Pyongyang considère que les exercices de ce type constituent des répétitions en vue d'une invasion.

ATS