A la frontière croate, les migrants sont violemment refoulés

ATS

7.10.2021 - 15:54

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7.10.2021 - 15:54

La Croatie a ouvert une enquête après la diffusion d'images montrant des migrants victimes de tabassages et de refoulements violents menés par des unités spéciales de police, a déclaré jeudi le ministre de l'Intérieur. Bruxelles s'est dite inquiète.

A migrant reacts as he receives medical assistance from the Red Cross in a illegal refugee camp inside a abadoned factory in Velika Kladusa near Bihac, alongside the border with Croatia, western Bosnia and Herzegovina, Monday, December 2, 2019. (KEYSTONE/Jean-Christophe Bott)
Les migrants sont frappés à l'aide de battes par des hommes portants des uniformes sans insignes et des cagoules. (photo d'illustration).
KEYSTONE

Une chaîne commerciale de télévision locale RTL a diffusé mercredi un reportage, présenté comme tourné à la frontière croate avec la Bosnie en juin. Il montre des hommes portants des uniformes sans insignes et des cagoules qui frappaient des migrants à l'aide de battes et les repoussaient vers la Bosnie.

Le reportage est le fruit d'une collaboration entre la télévision publique allemande ARD, le quotidien français Libération, des médias croate et serbe et la plateforme d'investigation néerlandaise Ligthouse reports. Les journalistes ont conclu à «système» mené par des «unités spéciales» dissimulant la plupart du temps leurs identités.

Sur le terrain

«Une équipe d'experts est aujourd'hui sur le terrain avec pour devoir d'établir ce qui s'est passé, qui a participé (à ces événements) et où ils ont eu lieu», a déclaré jeudi à la presse le ministre de l'Intérieur Davor Bozinovic.

Le ministre a précisé que «la violence n'a pas sa place au sein de la police croate» et prévenu que des mesures seraient examinées suivant les résultats de cette enquête.

Réaction de Bruxelles

La commissaire européenne Ylva Johansson s'est dite jeudi «extrêmement inquiète» par les informations de presse sur des refoulements illégaux de migrants, parfois violents, aux frontières de l'UE, notamment en Grèce et Croatie, appelant ces pays à enquêter.

La responsable suédoise, qui doit rencontrer dans la soirée les ministres de l'Intérieur grec et croate, s'est aussi inquiétée d'un possible «mauvaise usage des fonds européens», alloués aux Etats membres pour la protection de leurs frontières.

Route des Balkans

Membre de l'Union européenne, la Croatie se trouve sur la route dite des Balkans empruntée par les migrants, fuyant leurs pays respectifs, pour tenter de rejoindre l'Europe occidentale. La plupart du temps, ils arrivent de Bosnie.

Des groupes de défense des droits de l'Homme accusent régulièrement la police croate de violences envers les migrants.

En 2020, Amnesty International a accusé l'Union européenne d'ignorer cette situation. L'association citait des médecins bosniens et des migrants affirmant avoir été battus avant d'être repoussés vers la Bosnie. Elle a qualifié «d'alarmant» le fait que Bruxelles «continue de faire la sourde oreille aux violations flagrantes des lois de l'UE et continue même de financer la police et les opérations aux frontières de certains pays».

Zagreb rejette régulièrement ces accusations. La Croatie se trouve aux frontières extérieures de l'UE et protège ses frontières et celles de l'Union européenne des entrées illégales, s'est défendu jeudi le ministre Bozinovic.

ATS