«Victoire» La France ordonne la libération du Libanais Georges Abdallah

ATS

17.7.2025 - 19:33

La justice française a ordonné jeudi la libération du militant libanais propalestinien Georges Ibrahim Abdallah, condamné en 1987 pour complicité d'assassinat de diplomates israélien et américain à Paris. Il est considéré comme l'un des plus anciens détenus de France.

La libération de Georges Ibrahim Abdallah interviendra le 25 juillet (archives).
La libération de Georges Ibrahim Abdallah interviendra le 25 juillet (archives).
ATS

Keystone-SDA

Cette libération interviendra le 25 juillet. La cour d'appel a rendu sa décision lors d'une audience non publique au palais de Justice de Paris, en l'absence de Georges Abdallah, 74 ans, détenu à la prison de Lannemezan.

«C'est à la fois une victoire judiciaire et un scandale politique qu'il ne soit pas sorti plus tôt, à cause du comportement des Etats-Unis et de tous les présidents français» successifs, a réagi au sortir de la salle d'audience son avocat, Me Jean-Louis Chalanset.

Son frère, Robert, s'est dit «heureux» de cette décision, «surtout après les nombreuses tentatives de libération avortées». «Pour une fois, les autorités françaises se sont affranchies des pressions exercées par Israël et les Etats-Unis.»

Opposition de Washington

Incarcéré en France depuis 1984, l'ancien chef d'un groupuscule de chrétiens libanais marxistes propalestiniens est libérable depuis 25 ans, mais les Etats-Unis, parties civiles, se sont vigoureusement opposés à chacune des demandes de libération déposées par Georges Abdallah.

Les détails de sa sortie le 25 juillet ne sont pas encore connus. Cette libération conditionnelle est soumise à un paramètre: qu'il quitte le territoire français et n'y revienne plus.

Selon plusieurs sources interrogées avant l'audience, il est prévu qu'il soit emmené par les forces de l'ordre à l'aéroport de Tarbes direction Roissy, en région parisienne, où il prendra un vol pour Beyrouth. Le Liban, qui réclame sa libération aux autorités françaises depuis des années, avait écrit à la cour d'appel pour confirmer qu'il prendrait en charge l'organisation de son retour chez lui.

La décision de la cour peut faire l'objet d'un pourvoi en cassation du parquet général, mais il ne serait pas suspensif et n'empêcherait donc pas Georges Abdallah de rentrer au Liban.

«Victoire»

Son collectif de soutien a qualifié de «victoire» l'annonce de sa libération, tout en espérant que cette décision de justice ne «sera pas entravée».

«C'est d'abord une victoire de Georges Abdallah lui-même, qui, en dépit de 40 années de détention, est resté toujours fidèle à ses principes politiques et à son identité de militant communiste anti-impérialiste», a déclaré Tom Martin, membre de ce collectif.

Aujourd'hui tombé dans l'oubli, à l'exception d'une poignée de fidèles manifestant chaque année devant sa prison ou de quelques parlementaires de gauche, Georges Abdallah était dans les années 1080 l'ennemi public n°1 et l'un des prisonniers les plus célèbres de France.

Pas à cause de son affaire, mais parce qu'on l'a longtemps cru, à tort, à l'origine de la vague d'attentats de 1985-86 qui avait fait 13 morts et installé la psychose dans les rues de Paris.

Les véritables responsables, des pro-Iraniens, avaient été identifiés deux mois après la condamnation à la perpétuité de Georges Abdallah.

«Actes de résistance»

Ce dernier n'a jamais reconnu son implication dans les assassinats des diplomates à Paris, mais les a toujours qualifiés d'"actes de résistance» contre «l'oppression israélienne et américaine», dans le contexte de la guerre civile libanaise et l'invasion israélienne au sud-Liban en 1978. Il a toujours refusé de renier ses convictions.

Son groupuscule des FARL (Fractions armées révolutionnaires libanaises) est dissous depuis longtemps et «n'a pas commis d'action violente depuis 1984», avait toutefois souligné la cour dans son arrêt de février, estimant que Georges Abdallah «représente aujourd'hui un symbole passé de la lutte palestinienne».