Des milliers de milliards en jeuLa «grande et belle loi» budgétaire de Trump à l'épreuve du Sénat
ATS
30.6.2025 - 16:25
Donald Trump se rapproche lundi d'un objectif majeur de son début de second mandat avec l'adoption attendue au Sénat américain de son pharaonique projet de loi budgétaire. Il promet des crédits d'impôt de plusieurs milliers de milliards de dollars, mais aussi d'importantes coupes dans la santé.
Trump a pressé les sénateurs de faire avancer le projet (archives).
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30.06.2025, 16:25
ATS
Mais avant cela, les sénateurs devront passer par un marathon législatif: des centaines d'amendements à la «grande et belle loi» – comme l'a baptisée le président américain – seront soumis au vote dans l'hémicycle.
L'objectif pour les démocrates sera de retarder au maximum le vote final, mais aussi de faire rejeter par les républicains – majoritaires au Congrès – des propositions souvent très populaires auprès des électeurs américains.
Cette session de longue haleine a officiellement commencé peu après 09h30 (15h30 en Suisse) et devrait occuper les élus de la chambre haute du Congrès pendant toute la journée de lundi. Un vote sur le projet de loi dans son ensemble ne devrait pas avoir lieu avant la nuit à Washington.
La navette parlementaire fera ensuite revenir le texte devant la Chambre des représentants, qui a déjà adopté sa propre version, pour une adoption finale.
Le temps presse avant le 4 juillet, jour de la fête nationale, que Donald Trump a fixé comme échéance symbolique afin que la «One Big Beautiful Bill» arrive sur son bureau pour promulgation.
Assurance santé
Depuis près d'une semaine, le républicain de 79 ans presse publiquement les sénateurs à adopter rapidement le texte. Il s'est félicité lundi que le projet de loi «avance bien».
La «grande et belle loi» budgétaire prévoit la prolongation de crédits d'impôt massifs adoptés lors du premier mandat de Donald Trump, mais aussi l'élimination de l'imposition sur les pourboires, ou encore des milliards de dollars supplémentaires pour la défense et la lutte contre l'immigration.
Le Bureau budgétaire du Congrès, chargé d'estimer de manière non partisane l'impact des projets de loi sur les finances publiques, estimait dimanche que le texte augmenterait la dette publique de plus de 3000 milliards de dollars d'ici 2034.
L'extension des «crédits d'impôt Trump» est évaluée à elle seule à 4500 milliards de dollars. Pour la compenser en partie, les républicains ont prévu notamment de sabrer dans Medicaid, programme public d'assurance santé dont dépendent des millions d'Américains aux revenus modestes.
Ils ont prévu aussi de réduire fortement le programme Snap, principale aide alimentaire du pays, et de revenir sur des incitations fiscales aux énergies renouvelables adoptées sous Joe Biden.
Réticences à droite
L'opposition démocrate ne cesse de critiquer des réductions d'impôts pour les plus riches au détriment de classes moyennes et populaires déjà accablées par l'inflation.
A droite, certains républicains affichent aussi publiquement leurs réticences à certains aspects du projet de loi. Le sénateur Thom Tillis a ainsi déclaré qu'il s'opposerait au texte, avertissant que la réforme de Medicaid ferait «souffrir nos populations et hôpitaux ruraux».
Donald Trump a en retour attaqué publiquement le sénateur de Caroline du Nord, qui ne fait que «parler et râler», selon lui. Thom Tillis a finalement annoncé dimanche qu'il ne serait pas candidat à sa réélection, illustration de l'emprise toujours aussi ferme du milliardaire sur le Parti républicain. D'autres conservateurs ont aussi exprimé leur forte opposition à la «One Big Beautiful Bill».
Ancien proche allié de Donald Trump, le milliardaire Elon Musk a jugé samedi le texte «complètement insensé et destructeur» car, selon lui, il «favorise les industries du passé tout en causant de graves dommages aux industries de l'avenir».
«Il détruira des millions d'emplois en Amérique et causera un immense préjudice stratégique à notre pays», a mis en garde le patron de Tesla et SpaceX, anciennement chargé de sabrer dans les dépenses de l'Etat fédéral avec sa commission Doge.