La Hongrie exhortée à «restaurer la liberté de la presse»

ATS

30.3.2021 - 14:27

«Il est grand temps que la Hongrie restaure la liberté de la presse», a dénoncé la Commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe Dunja Mijatovic. La situation a encore empiré l'an dernier en raison des règles d'urgences mises en place contre le coronavirus.

Viktor Orban a appelé à «construire sans le PPE une offre pour les citoyens européens qui ne veulent pas de migrants ni de multiculturalisme, qui ne sont pas tombés dans la folie LGBTQ, qui défendent les traditions chrétiennes de l'Europe».
Selon le Conseil de l'Europe, les autorités du pays dirigé par le Premier ministre souverainiste Victor Orban (photo) s'en prennent systématiquement aux défenseurs des droits de l'homme et aux journalistes d'investigation.
KEYSTONE/EPA/ABIR SULTAN / POOL

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30.3.2021 - 14:27

«Les effets combinés d'une autorité de surveillance des médias contrôlée politiquement et d'interventions de l'Etat déformant la réalité du marché ont érodé le pluralisme et la liberté d'expression dans les médias en Hongrie», a pointé Mme Mijatovic dans un mémorandum publié mardi.

Selon le Conseil de l'Europe, les autorités du pays dirigé par le Premier ministre souverainiste Victor Orban s'en prennent systématiquement aux défenseurs des droits de l'homme et aux journalistes d'investigation. Tout cela «dans le but d'envoyer un message clair: il y aura des représailles contre toute forme de critique du gouvernement», note le mémorandum.

En outre, la Hongrie ignore les décisions des tribunaux internationaux, ce qui montre que le gouvernement n'a aucune intention de respecter la loi, «une précondition essentielle pour la liberté d'expression», insiste Mme Mijatovic.

Pouvoirs excessifs

Pour remédier à cette situation, Dunja Mijatovic préconise à la Hongrie d'amender la législation pour diviser les pouvoirs excessifs du président de l'Autorité des médias entre plusieurs corps autonomes. Budapest doit aussi respecter la loi et les standards européens sur le pluralisme des médias.

Les autorités doivent également condamner les discours de haine à l'encontre des journalistes et mettre fin à leurs campagnes de désinformation visant les défenseurs des droits de l'homme et ceux qui critiquent le gouvernement.

Enfin, Mme Mijatovic souligne la nécessité d'un débat politique libre avant les élections parlementaires de 2022. Elle demande que tous les candidats soient traités équitablement, notamment vis à vis de leur couverture dans les médias.

Les relations entre Victor Orban et les instances européennes sont à couteaux tirés depuis plus d'une décennie. Celles-ci ont déjà pointé du doigt la Hongrie à de nombreuses reprises sur le sujet de la liberté de la presse, notamment le mois dernier quand les autorités du pays ont refusé de renouveler la licence de Klubradio, la première station de radio indépendante de Hongrie, souvent critique à l'égard du gouvernement.

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