Affaire datant de 1996L'ex-président cubain Raul Castro inculpé par la justice américaine
ATS
20.5.2026 - 19:23
La justice américaine a inculpé mercredi l'ex-président cubain Raul Castro, 94 ans, dans une affaire remontant à 1996. Deux avions civils pilotés par des opposants à Fidel Castro avaient alors été abattus.
Raul Castro est accusé, avec d'autres personnes, de complot en vue d'assassiner des Américains pour une affaire remontant à l'époque où il était ministre de la Défense (archives).
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Keystone-SDA
20.05.2026, 19:23
20.05.2026, 21:42
ATS
Un acte d'accusation rendu public accuse Raul Castro et d'autres personnes de complot en vue d'assassiner des Américains, ainsi que d'autres chefs de poursuite. Le dirigeant était à l'époque ministre de la Défense.
L'inculpation de l'ex-président cubain Raul Castro, accusé du meurtre d'Américains en 1996, démontre que les Etats-Unis «n'oublient pas» leurs citoyens, a déclaré mercredi le ministre de la Justice, Todd Blanche.
«Mon message aujourd'hui est clair: les Etats-Unis et le président Trump n'oublient pas et n'oublieront pas leurs citoyens», a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse, en dévoilant l'acte d'inculpation de l'ancien dirigeant cubain, frère du défunt Fidel Castro.
Ces accusations viennent alimenter les spéculations selon lesquelles Donald Trump cherche à renverser le gouvernement cubain. En janvier, le président américain s'était déjà appuyé sur un acte d'accusation américain pour justifier une intervention militaire qui avait renversé et destitué le président vénézuélien de l'époque, Nicolas Maduro, un allié de longue date des autorités cubaines.
Auparavant, les Etats-Unis ont appelé les Cubains à choisir «une nouvelle voie». Dans un message vidéo en espagnol adressé à la population cubaine, le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio a accusé les dirigeants communistes de vol, de corruption et de répression.
«Le président Trump propose une nouvelle voie entre les Etats-Unis et un nouveau Cuba (...) où vous avez véritablement la possibilité de choisir qui gouverne votre pays et de voter pour le remplacer s'il ne fait pas bien son travail», a déclaré M. Rubio dans ce message qui s'apparente à un appel à l'insurrection.
«Aujourd'hui, Cuba n'est pas contrôlé par une quelconque ‹révolution›, Cuba est contrôlé par Gaesa», a-t-il poursuivi. Il faisait référence au conglomérat d'entreprises qui possède, selon lui, «18 milliards de dollars d'actifs et contrôle 70% de l'économie cubaine».
«Ils tirent profit des hôtels, du bâtiment, des banques, des magasins et même de l'argent que vos proches vous envoient depuis les Etats-Unis: tout, absolument tout, passe entre leurs mains», a-t-il dit.
Aide de 100 millions
Le secrétaire d'Etat américain a renouvelé l'offre d'une aide américaine de 100 millions de dollars, qui serait distribuée via des organisations caritatives. Le chargé d'affaires américain à La Havane, Mike Hammer, a discuté lundi avec des représentants du ministère cubain des Affaires étrangères de cette offre, a assuré mardi un responsable américain.
L'appel de Marco Rubio survient dans un contexte de fortes tensions entre Washington et La Havane et de crise économique et énergétique dans l'île caribéenne, qui subit d'interminables coupures d'électricité en raison du blocus pétrolier américain.
Après avoir capturé en janvier le président vénézuélien Nicolas Maduro, qui est en détention aux Etats-Unis, l'administration Trump s'emploie à mettre une pression maximale sur Cuba dans l'espoir d'un changement de régime dans l'île située à 145 kilomètres des côtes de Floride.
Anniversaire de l'indépendance
L'annonce intervient le 20 mai, qui est, historiquement, le jour où la République de Cuba a été proclamée, en 1902, après l'indépendance vis-à-vis de l'Espagne et la fin de l'occupation militaire américaine.
Le gouvernement communiste de l'île met en avant d'autres dates comme avènement de la Révolution castriste le 1er janvier 1959 car il considère qu'après 1902 l'île est restée de facto sous la domination de Washington.
«Intervention, ingérence, spoliation, frustration. Voilà ce que signifie le 20 mai dans l'histoire de Cuba», a écrit le président cubain Miguel Diaz-Canel sur X, sans faire directement allusion au message de M. Rubio.
Détournement
Selon ce dernier, lui-même d'origine cubaine et farouche opposant à La Havane, «si vous êtes contraints de passer 22 heures par jour sans électricité, ce n'est pas à cause d'un ‹blocus› pétrolier imposé par les Etats-Unis».
«La véritable raison pour laquelle vous manquez d'électricité, de carburant et de nourriture, c'est que ceux qui contrôlent votre pays ont détourné des milliards de dollars, sans qu'aucune somme n'ait été utilisée pour venir en aide à la population», a-t-il dit.
Outre l'embargo américain en vigueur depuis 1962, Washington impose à l'île depuis janvier un blocus pétrolier total, ayant autorisé l'arrivée d'un seul pétrolier russe.
Raul Castro, qui a succédé à son frère Fidel à la présidence de Cuba, a opéré un rapprochement historique en 2015 avec les Etats-Unis sous la présidence de Barack Obama, que Donald Trump a ensuite remis en cause.