Bataille de chiffresDérapage budgétaire annoncé: la Maison Blanche contre-attaque
ATS
5.6.2025 - 08:12
La Maison Blanche a contre-attaqué mercredi après qu'un organisme indépendant de prévision budgétaire a prédit une forte augmentation de la dette américaine à cause d'une mégaloi économique de Donald Trump.
Le nouveau portrait officiel du président Donald Trump est accroché dans le bâtiment administratif Eisenhower, sur le campus de la Maison Blanche, le lundi 2 juin 2025, à Washington. (AP Photo/Alex Brandon)
KEYSTONE
Keystone-SDA
05.06.2025, 08:12
ATS
Le CBO, Bureau budgétaire du Congrès, dans une estimation parue mercredi, a jugé que le «grande et belle loi», pièce maîtresse du programme économique du président américain, se traduirait par des déficits cumulés, augmentant d'autant la dette publique, de 2.400 milliards de dollars d'ici 2034.
L'un des plus proches conseillers du président américain, Stephen Miller, a assuré sur X que l'organisme «penchait à gauche». Le CBO est chargé d'estimer, de manière non partisane, l'impact des projets de loi sur les finances publiques. Il est rattaché au Congrès, aujourd'hui contrôlé par le parti républicain.
L'un des comptes de la Maison Blanche sur X a lui dénoncé une projection «extrêmement fausse», tandis que le directeur du Budget à la Maison Blanche, Russ Vought, a reproché au CBO d'utiliser une «partition qui ne reflète pas la réalité».
«Dire que c'est une grande loi de dépense est totalement faux», a-t-il encore commenté pendant un échange avec la presse, assurant que le vote du texte était «en très bonne voie», malgré les critiques émises par certains sénateurs républicains.
L'endettement total de la première puissance mondiale se monte aujourd'hui à près de 37'000 milliards de dollars (quelque 37'000 milliards de francs).
«Grande et belle loi»
Le texte prévoit en particulier l'extension des crédits d'impôt monumentaux du premier mandat du milliardaire républicain, qui arrivent à expiration à la fin de l'année.
L'exécutif américain assure que la «grande et belle loi», comme l'appelle Donald Trump, prévoit des réductions de dépenses «permanentes» de 1400 milliards de dollars, et débouchera à terme sur une «réduction nette» des déficits.
Il assure aussi que les droits de douane voulus par le président américain diminueront les déficits de 2.800 milliards de dollars sur dix ans, sans préciser si cette prévision prend en compte les accords commerciaux que le président américain promet de multiplier avec des pays étrangers, accords qui devraient faire baisser les taxes douanières et donc les rentrées fiscales.
Cette bataille de chiffres intervient alors qu'une poignée de sénateurs républicains, assez nombreux pour bloquer éventuellement le texte, ont exprimé leur opposition à la loi.
Les partisans de la rigueur budgétaire ont reçu un appui de taille en la personne du multimilliardaire Elon Musk, qui multiplie les attaques contre un texte qu'il présente comme une bombe à retardement pour les finances publiques.