«Ils veulent provoquer une insurrection»Une révolte en vue? À Moscou, la peur semble gagner les cercles du pouvoir
Philipp Dahm
29.7.2025
Le Kremlin redoute-t-il son propre peuple ? Sur la télévision publique, la propagandiste Margarita Simonian met en garde : selon elle, Kiev et l’Occident cherchent à démoraliser la population russe et à l’influencer de l’intérieur.
Bruno Bötschi
29.07.2025, 15:38
29.07.2025, 18:58
Philipp Dahm
Pas le temps ? blue News résume pour toi
La propagandiste Margarita Simonjan prévient à la télévision publique que Kiev et l'Occident cherchent à provoquer des troubles en Russie.
Selon elle, des puissances étrangères tentent de manipuler le peuple - par exemple par des attaques de hackers qui ont empêché des vols de vacances.
Il n’existe, selon Margarita Simonian, aucun exemple dans l’histoire où la Russie aurait conquis un autre pays sans raison. C’est du moins ce qu’affirme la directrice de la chaîne RT et du groupe de médias Rossiya Segodnya sur la télévision publique russe.
Invitée de l’émission de propagande populaire Soirée avec Vladimir Soloviev sur la chaîne Rossiya 1, elle s’en prend à Vienne, qui envisage d’abandonner sa neutralité pour rejoindre l’OTAN. «L’Autriche est une sacrée peste», lance-t-elle.
L’Occident est foncièrement russophobe, poursuit-elle, et toute relation normale est désormais impossible. «L’Ukraine et [l’Occident] essaient de déclencher une insurrection ici», prévient la propagandiste russe. Et d’interroger: «Pourquoi provoquer l’effondrement de nos aéroports en pleine période de vacances?»
«Ils essaient d'inciter les gens»
Simonian fait ici allusion à l’attaque de hackers qui a paralysé Aeroflot lundi. «Pourquoi font-ils tout cela? Quelle est la tactique militaire, en l’occurrence?», lance-t-elle de façon rhétorique, avant de livrer sa propre explication. Selon elle, l’objectif est clair : influencer les Russes encore «neutres».
«Ils essaient d’inciter ces gens à se politiser — mais dans le mauvais sens», avertit Simonian. Selon elle, la possibilité de partir en vacances ne doit en aucun cas primer sur «le résultat de l’opération militaire spéciale» ou sur «l’avenir de notre pays».
Mais c’est ainsi, reconnaît-elle: à cause de la guerre, les enfants doivent parfois dormir dans les couloirs, les vols peuvent être annulés, et les vacances compromises. «Ils essaient de nous pousser à nous saboter nous-mêmes et à nous perdre ensuite — comme nous l’avons déjà fait deux fois au XXe siècle», met en garde Simonian.
Elle fait référence aux révolutions de 1905 et 1989, qui, à ses yeux, ont affaibli l'État russe. De quoi laisser «perplexe», commente «Focus»: «La peur de la révolte règne au Kremlin», conclut le magazine allemand.