«Pour nous, la pression est encore plus forte» La Roumanie veut renforcer sa défense antiaérienne

ATS

3.6.2026 - 19:56

La Roumanie doit renforcer sa défense antiaérienne, avec l'aide de ses alliés, a déclaré mercredi sa ministre des affaires étrangères. Un drone russe présumé a blessé deux personnes sur le sol roumain dans une région frontalière de l'Ukraine, il y a cinq jours.

«Il est clair que nous devons renforcer les capacités de surveillance aérienne et de défense antiaérienne sur l'ensemble du flanc est» de l'Otan, a déclaré la ministre des affaires étrangère roumaine.
«Il est clair que nous devons renforcer les capacités de surveillance aérienne et de défense antiaérienne sur l'ensemble du flanc est» de l'Otan, a déclaré la ministre des affaires étrangère roumaine.
IMAGO/Pacific Press Agency

Keystone-SDA

Présente à Paris, Oana-Silvia Toiu a estimé que, même s'il n'y avait pour le moment aucune indication selon laquelle la Russie avait visé intentionnellement l'immeuble d'habitation touché par un drone dans la ville de Galati le 29 mai, Moscou en portait la «responsabilité».

«Il est clair que nous devons renforcer les capacités de surveillance aérienne et de défense antiaérienne sur l'ensemble du flanc est» de l'Otan, a déclaré la ministre à des journalistes.

«Mais pour nous, la pression est encore plus forte», a-t-elle ajouté, soulignant que la Roumanie, membre de l'Otan et de l'UE, partageait «la plus longue frontière» avec la zone de conflit en Ukraine, notamment dans les régions du Danube et de la mer Noire.

Plus de 40 incursions de drones russes

Alors que les livraisons d'équipements militaires déjà commandés n'auront pas lieu avant un ou deux ans, la Roumanie est en discussion avec l'Otan pour renforcer ses capacités à court terme et travaille également avec l'Ukraine sur un projet commun de défense contre les drones, a précisé la ministre.

Evoquant ce qui s'est passé le 29 mai, Oana-Silvia Toiu a expliqué que l'arrivée d'un drone au sein d'un essaim avait bien été détectée, mais que les pilotes de l'armée de l'air avaient décidé de ne pas l'abattre, craignant qu'un missile ne cause des dégâts au sol.

Bien qu'il s'agisse du premier incident de ce type à y faire des victimes, la Roumanie a connu plus de 40 incursions de drones sur son territoire depuis le début de la guerre en Ukraine, a-t-elle ajouté.

Le président russe Vladimir Poutine avait déclaré vendredi que «personne» ne pouvait déterminer avec certitude l'origine de l'appareil tant qu'un examen approfondi n'aurait pas été effectué, avant d'assurer: «la Russie n'a jamais menacé et ne menace pas les pays européens».

Ambassadeur condamné

Néanmoins, Londres a convoqué mercredi l'ambassadeur russe au Royaume-Uni Andreï Kelin, pour lui faire part de sa condamnation de cette «grave escalade», a indiqué le Foreign Office dans un communiqué.

L'ambassadeur a «rejeté ces accusations sans fondement» et a dénoncé une tentative pour «détourner l'attention de la communauté internationale sur les crimes du régime de Kiev», a précisé de son côté le Ministère russe des affaires étrangères.

Le président roumain Nicusor Dan a, quant à lui, affirmé dimanche que des experts mandatés par les autorités roumaines avaient établi «sans équivoque» que le drone qui a frappé un bâtiment le 29 mai était un «Geran-2, d'origine russe».