Irak

La session inaugurale du nouveau Parlement a eu lieu

ATS

9.1.2022 - 15:36

Le nouveau Parlement d'Irak a ouvert dimanche sa session inaugurale trois mois après les législatives remportées par le clerc chiite Moqtada al-Sadr, faiseur de roi d'un gouvernement et d'un Premier ministre qui seront désignés après de longues tractations.

Les législateurs nouvellement élus assistent à la première session du parlement, à Bagdad, en Irak, le dimanche 9 janvier 2022.
Les législateurs nouvellement élus assistent à la première session du parlement, à Bagdad, en Irak, le dimanche 9 janvier 2022.
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ATS

9.1.2022 - 15:36

Après avoir prêté serment, les 329 députés devront s'atteler à élire un président du Parlement monocaméral, rôle traditionnellement dévolu à un sunnite. Dans les 30 jours suivant sa séance inaugurale, le Parlement doit élire le président de la République.

Un gouvernement «de majorité» d'ici mars

Celui-ci devra ensuite désigner un Premier ministre, choisi par la plus grande coalition. Une fois désigné, le Premier ministre a 30 jours pour former un gouvernement. Certains experts et politiciens tablent sur une nouvelle équipe d'ici le mois de mars.

Moqtada Sadr, reconnaissable à son turban noir de «sayyed» (descendant du prophète Mahomet), est ressorti grand vainqueur des législatives anticipées du 10 octobre.

Son courant a enlevé 73 des 329 sièges. Galvanisé par ce score, le leader chiite a dit à plusieurs reprises vouloir rompre avec la tradition irakienne du gouvernement de «consensus» pour constituer un «gouvernement de majorité».

En clair: son courant et ses partenaires entendent être majoritaires au Parlement et avoir la haute main sur les ministères et la désignation du Premier ministre.

Un système de quotas religieux et ethniques

Moqtada Sadr a laissé entendre que sa préférence allait à une alliance avec deux formations sunnites, Azm et Taqadom, et un parti kurde, le PDK. Majoritaire à la Chambre, cette coalition pourrait alors nommer un Premier ministre, un poste qui va historiquement à un musulman chiite, en vertu de la «mouhasasa», un système de quotas religieux et ethniques.

Toujours dans le camp chiite, les rivaux pro-Iran de Moqtada Sadr de l'Alliance de la conquête, vitrine politique des ex-paramilitaires pro-Iran du Hachd al-Chaabi, font grise mine.

Ils n'ont remporté que 17 sièges contre 48 dans le Parlement sortant. Les responsables du parti affirment que le scrutin a été entaché de «fraudes», mais leur recours pour faire annuler les élections a été rejeté par la justice.

La période post-électorale a été marquée par une instabilité teintée de violence armée. Les partisans du Hachd al-Chaabi ont manifesté leur colère devant l'ultra-sécurisée Zone verte de Bagdad, qui abrite notamment des bâtiments gouvernementaux et l'ambassade américaine.

Et le 7 novembre, une tentative d'assassinat non revendiquée aux drones piégés contre le Premier ministre Moustafa al-Kazimi à son domicile a encore un plus exacerbé les tensions.

ATS