Mieux se protégerLa Suisse veut mieux coopérer avec l'UE en cas de catastrophe
ATS
27.7.2025 - 09:56
Lors d'une catastrophe majeure, comme un tremblement de terre, un incendie de forêt ou une pandémie, l'Union européenne (UE) réagit en mettant en place un mécanisme de protection coordonné. La Suisse souhaite y participer, mais les négociations en vue d'une adhésion s'avèrent compliquées.
Par le biais de l'UCPM, tout pays dans le monde peut demander de l'aide à l'UE (photo prétexte, archives).
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Keystone-SDA
27.07.2025, 09:56
ATS
Mercredi, un incendie de forêt a échappé à tout contrôle à Chypre. Les autorités locales ont demandé à Bruxelles de l'aide pour lutter contre le sinistre, a annoncé jeudi la Commission européenne. En réponse, l'UE a envoyé deux avions de lutte contre les incendies sur l'île méditerranéenne.
Le mécanisme de protection civile de l'UE (UCPM) a alors été activé et l'aide a été coordonnée par le Centre de coordination des mesures d'urgence de l'UE, dont le siège est à Bruxelles.
Par le biais de l'UCPM, tout pays dans le monde peut demander de l'aide à l'UE. Le mécanisme a été activé plus de 770 fois depuis sa mise en service en 2001, peut-on lire sur le site internet de l'UCPM. Il a par exemple été activé lors du grave tremblement de terre en Turquie et en Syrie en février 2023 ou lors des inondations catastrophiques en Allemagne, en Belgique et au Luxembourg en juillet 2021.
Participation de la Suisse «compliquée»
Il existe un arrangement administratif entre la Suisse et la Commission européenne qui facilite l'échange d'informations et de bonnes pratiques dans le domaine de la prévention des catastrophes et des mécanismes de réaction, écrit l'Office fédéral de la protection de la population (OFPP). Cela ne correspond toutefois pas à une participation à l'UCPM.
Cette dernière a été demandée par le Parlement en 2023 et le Conseil fédéral a été alors chargé de l'obtenir. Selon les calculs de la Confédération, une participation coûterait entre huit et onze millions de francs par an.
Comme la Suisse ne fait pas partie de l'Espace économique européen (EEE), une participation à l'UCPM n'est pas possible en raison du droit européen, indique également l'OFPP. La Confédération a donc deux options d'adhésion qui s'offrent à elle: un traité international ou une adaptation du droit européen.
Selon la Confédération, la première solution représente un «processus compliqué et de longue haleine». De plus, aucun pays ne dispose d'un tel traité. En ce qui concerne la deuxième option, la Commission européenne a expliqué à Keystone-ATS qu'un examen interne des modalités juridiques de la participation de la Suisse était en cours.
La Suisse organisera un exercice en 2026
Selon Bruxelles, outre les États membres de l'UE, l'Albanie, la Bosnie-Herzégovine, l'Islande, la Moldavie, le Monténégro, la Macédoine du Nord, la Norvège, la Serbie, la Turquie et l'Ukraine participent à l'UCPM. Soit ils font partie de l'EEE, soit ils sont candidats à l'adhésion à l'UE.
Des exercices sont également organisés dans le cadre du mécanisme. Ainsi, en 2024, la Suisse a participé à un entraînement dans le Bade-Wurtemberg allemand. Afin de montrer l'intérêt de la Suisse, un tel exercice doit avoir lieu pour la première fois en Suisse, comme l'a annoncé l'OFPP début juillet.
Dans un scénario fictif, un grave tremblement de terre causerait de très gros dégâts dans les cantons de Genève, Vaud et Fribourg. Le Conseil fédéral demanderait ainsi une aide internationale via l'UCPM. Selon l'OFPP, l'exercice est prévu pour octobre 2026.