Le Kremlin blâme les Russes pour l'échec de la vaccination

hl

22.10.2021 - 13:51

Le Kremlin a reconnu vendredi l'échec de sa campagne de vaccination anti-Covid en comparaison à l'Europe. Mais il a pointé du doigt la responsabilité de la population, en pleine vague épidémique meurtrière.

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22.10.2021 - 13:51

Blick auf die St. Basilius-Kathedrale (eigentlich Kathedrale des Basilius des Glueckseligen), links, und den Spasskaya-Turm, den Hauptturm der oestlichen Mauer des Kremls, in Moskau, Russland, aufgenommen am 25. Oktober 2006. Der Spasskaya-Turm ueberragt den Roten Platz. (KEYSTONE/Alessandro Della Bella)

View of the Cathedral of Saint Basil the Blessed or Saint Basil's Cathedral, left, and the Spasskaya Tower, the main tower on the eastern wall of the Moscow Kremlin, right, which overlooks the Red Square, front, in Moscow, Russia, pictured on October 25, 2006. (KEYSTONE/Alessandro Della Bella)
Le bilan gouvernemental atteint désormais 228'453 morts, faisant de la Russie le pays le plus endeuillé d'Europe, alors même que ces données sont largement sous-estimées. (image d'illustration)
KEYSTONE

La Russie a enregistré vendredi de nouveaux records quotidiens de décès et de contaminations, avec 1'064 morts et 37'141 infectées recensées.

«Nous sommes dans une situation pire que toute une série de pays européens en ce qui concerne la vaccination. Et du coup, avec l'essor de variants plus agressifs, plus de gens tombent malade, c'est la réalité du moment», a déclaré à la presse le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, un rare aveu que Moscou gère moins bien la pandémie que ses rivaux occidentaux.

Un tiers seulement

À peine un tiers des Russes se sont faits vacciner depuis décembre sur fond de méfiance à l'égard des vaccins développés par la Russie.

Mais pour M. Peskov, l'Etat n'est pas en cause, mais plutôt sa population. «Le problème c'est la prise de conscience des citoyens», a-t-il dit, alors qu'il n'est lui-même pas vacciné, arguant avoir des niveaux d'anti-corps trop élevés après avoir contracté la maladie en mai 2020.

Les autorités russes ont certes appelé les Russes à se faire immuniser, mais elles ont aussi toujours laissé entendre que l'épidémie était gérable, limitant au maximum les restrictions sanitaires pour préserver l'économie, et ne sévissant pas pour imposer des mesures impopulaires comme le port du masque.

Les remarques de M. Peskov interviennent au lendemain de propos du président Vladimir Poutine qui avait vanté la qualité du vaccin russe Spoutnik-V, affirmant que les Européens se pressaient en Russie pour l'avoir plutôt que de se faire injecter les produits reconnus par l'Agence européenne du médicament.

«Les ressortissants de pays européens viennent, font le vaccin Spoutnik chez nous et puis là-bas, ils achètent un certificat de vaccination Pfizer», a-t-il dit lors du forum annuel de discussion de Valdaï.

Semaine chômée

M. Poutine a ordonné une semaine chômée en Russie du 30 octobre au 7 novembre (anniversaire de la révolution d'Octobre) face à l'explosion du nombre de cas et des décès. La mairie de Moscou va fermer pour onze jours tous les services, entreprises et commerces non essentiels à compter du 28 octobre.

Le bilan gouvernemental atteint désormais 228'453 morts, faisant de la Russie le pays le plus endeuillé d'Europe. Mais ces données sont largement sous-estimées, l'agence des statistiques Rosstat ayant décompté plus de 400'000 morts à la fin août.

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