Le Liban ne pourra pas s'en sortir sans aide

ATS

8.6.2020 - 01:47

Le Liban est en proie à un soulèvement populaire inédit depuis octobre contre une classe politique jugée corrompue et incompétente (archives).
Source: KEYSTONE/EPA/NABIL MOUNZER

Le Liban a besoin d'une aide internationale pour sortir de son naufrage économique, a estimé lundi l'International Crisis Group dans un nouveau rapport. Cette assistance doit cependant être conditionnée à l'adoption des réformes longtemps ignorées.

Le pays connaît depuis 2019 un effondrement économique qui s'accompagne d'une pénurie de dollars, d'une forte dépréciation de la livre libanaise et d'une explosion de l'inflation qui a plongé une partie de la population dans la précarité. Ces difficultés ont été un des vecteurs du soulèvement populaire inédit d'octobre, contre une classe politique jugée corrompue et incompétente.

«La crise économique est sans précédent dans l'histoire du pays», reconnaît le centre de réflexion International Crisis Group (ICG). Il estime que «le Liban aura besoin d'une aide externe d'urgence pour en éviter les pires conséquences sociales».

Le pays a annoncé en mars être en défaut de paiement. Le gouvernement a adopté un plan de relance et entamé des négociations sur des aides financières avec le Fonds monétaire international (FMI).

45% sous le seuil de pauvreté

«Afin d'obtenir de nouveaux financements» et d'éviter le pire, «le Liban doit accélérer d'urgence les négociations avec le FMI», dont l'assistance pourrait ouvrir la voie au déblocage d'aides par d'autres donateurs, indique l'ICG.

«En attendant qu'un soutien international plus substantiel ne soit disponible, les donateurs externes pourraient avoir à accroître leur aide humanitaire», souligne-t-il. Selon le ministère libanais des finances, plus de 45% de la population vit sous le seuil de pauvreté et le chômage touche plus de 35% de la population active.

Toutefois, avertit l'ICG, les donateurs devraient demander en contrepartie «des efforts pour éliminer la corruption et le clientélisme». «Pour solliciter le soutien de donateurs internationaux, les gouvernements libanais ont l'habitude de s'engager sur des réformes institutionnelles, mais sans jamais les concrétiser», souligne le rapport.

Les autorités espèrent obtenir neuf milliards de dollars du FMI, outre les onze milliards de dollars promis en 2018, lors d'une conférence organisée à Paris. Les fonds de 2018 n'ont jamais été débloqués faute de réformes des dirigeants.

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ATS