BangladeshLe Parti nationaliste revendique une large victoire aux élections
ATS
13.2.2026 - 07:42
Le Parti nationaliste du Bangladesh (BNP) a revendiqué vendredi une large victoire aux premières élections législatives organisées depuis l'insurrection qui a causé la chute du régime de fer de Sheikh Hasina à l'été 2024. Ce succès a aussitôt été contesté par ses rivaux islamistes.
Le parti nationaliste de Tarique Rahman a réalisé un véritable ras-de-marrée aux législatives du Bangladesh, selon les premières projections des télévisions locales.
sda
Keystone-SDA
13.02.2026, 07:42
ATS
Aux premières heures de la matinée, un haut responsable du BNP, Salahuddin Ahmed, s'est réjoui auprès de l'AFP de la «victoire attendue» de son camp lors du scrutin de jeudi, qui devrait faire de son chef Tarique Rahman le prochain Premier ministre du pays.
Mais son principal adversaire, la coalition dirigée par les islamistes du Jaamat-e-Islami, a remis en cause ces résultats. «Nous ne sommes pas satisfaits du processus entourant les résultats des élections», a indiqué le parti, dénonçant des «incohérences répétées ou des montages dans l'annonce des résultats provisoires» qui «posent de sérieuses questions sur l'intégrité» du processus.
Majorité des deux tiers
Selon les projections publiées par les télévisions locales vendredi à 09h30 (04h30 suisses), le BNP est crédité de 212 des 300 sièges de la chambre unique du Parlement, soit une majorité de plus des deux tiers, contre 74 à la coalition du Jamaat-e-Islami. La commission électorale n'a pas encore publié de résultats officiels.
Dans un message publiée sur les réseaux sociaux par leur ambassade à Dacca, les Etats-Unis ont félicité le BNP et Tarique Rahman pour leur «victoire historique». Le Premier ministre indien Narendra Modi leur a emboîté le pas. «Cette victoire montre la confiance du peuple du Bangladesh en vos qualités de dirigeant», a-t-il écrit sur X.
Alors que les relations entre les deux voisins se sont nettement dégradées depuis 2024 et l'exil en Inde de Mme Hasina, M. Modi a ajouté que «l'Inde continuera à soutenir un Bangladesh démocratique, progressiste et inclusif».
Le Premier ministre du Pakistan, Shehbaz Sharif, a lui aussi félicité Tarique Rahman. «Je félicite également le peuple bangladais pour le bon déroulement des élections», a-t-il écrit sur X, ajoutant qu'il se réjouissait de travailler en étroite collaboration avec les nouveaux dirigeants.
«Tolérance et respect»
Agé de 60 ans, le probable futur Premier ministre est l'héritier d'une longue dynastie politique. Rentré en décembre de 17 ans d'exil au Royaume-Uni, il a pris la succession à la tête du BNP de sa mère Khaleda Zia, trois fois Première ministre, après sa mort quelques jours plus tôt.
Son rival, le chef du Jamaat, Shafiqur Rahman, 67 ans, qui a connu les geôles de l'ex-Première ministre Sheikh Hasina, ambitionnait de devenir le premier Premier ministre islamiste de l'histoire du Bangladesh, un pays à 90% musulman.
Dans une déclaration jeudi soir, le chef du gouvernement provisoire Muhammad Yunus a exhorté les partis à respecter les usages démocratiques, à faire preuve de «tolérance et de respect» «Nous devons rester unis dans l'intérêt national», a insisté le prix Nobel de la paix, qui a annoncé qu'il se retirerait sitôt les résultats officiels proclamés.
Sans incident
Après une campagne souvent tendue, parfois violente, le scrutin de jeudi s'est déroulé sans incident majeur. De nombreux électeurs se sont réjouis de pouvoir voter, dans une ferveur inédite depuis l'élection de Mme Hasina en 2009. Les scrutins qui ont suivi avaient tous été boudés par l'opposition ou dénaturés par des fraudes massives.
«Tant que la Ligue Awami (le parti de Mme Hasina) était là, les gens pensaient qu'ils dirigeraient le pays pour toujours», a commenté jeudi Mahfuz Rahman, 52 ans. «J'ai de la chance d'être témoin du changement.»
Fers de lance des émeutes meurtrières de l'été 2024, les jeunes – les 18-37 ans constituent 44% du corps électoral – espèrent des changements profonds, dans un pays à l'économie en panne et malade de la corruption.
Les électeurs bangladais se sont également prononcés jeudi par référendum sur une série de réformes institutionnelles destinées éviter le retour d'un régime autoritaire. Selon les estimations publiées par les télévisions locales, le «oui» l'emporte largement.
De son exil indien, Sheikh Hasina, condamnée à mort par contumace pour la répression de la révolte de 2024, a dénoncé dans une déclaration publiée par son parti un scrutin «illégal et inconstitutionnel».