En bonne santé

Le président burkinabè détenu par l'armée, mais en bonne santé

vf

26.1.2022 - 14:15

L'ex-président du Burkina Faso Roch Marc Christian Kaboré est «aux mains de l'armée». Mais il «va bien», a annoncé mercredi un cadre de son parti, deux jours après le coup d'Etat militaire qui l'a renversé et a été fermement condamné par la communauté internationale.

Le président burkinabè Roch Marc Christian Kaboré a été renversé par une junte militaire (archives).
ATS

vf

26.1.2022 - 14:15

Pendant plusieurs heures lundi, le sort de M. Kaboré est resté dans le flou. Des informations contradictoires ont circulé au sujet d'une arrestation, d'une exfiltration, voire d'une «tentative d'assassinat».

M. Kaboré est «toujours aux mains de l'armée», détenu «dans une villa présidentielle en résidence surveillée», a déclaré mercredi à l'AFP une source haut placée au sein de son parti, le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP). Elle a donné des nouvelles rassurantes: selon elle, M. Kaboré «va bien physiquement» et a «un médecin à sa disposition».

Tentative d'exfiltration avortée

Des propos qui confirment des déclarations du président français Emmanuel Macron, qui avait dit la veille avoir eu confirmation «qu'il était en bonne santé et qu'il n'était pas menacé». Peu avant l'annonce du putsch, le MPP avait dénoncé «une tentative avortée d'assassinat» du président burkinabè.

Selon la source au MPP, M. Kaboré «n'a pas été arrêté aux premières heures» de la révolte des soldats. Dans un premier temps, alors que «sa résidence privée» était «quadrillée par les mutins», sa «garde rapprochée» l'avait exfiltré «à bord d'un véhicule banalisé pour le mettre en lieu sûr».

«C'est plus tard, et sous la pression des mutins, que ses gardes – notamment des gendarmes – ont dû le laisser» entre les mains des putschistes «et se rallier à eux dans la foulée», a-t-elle dit. Selon elle, «la gendarmerie ne pouvait que se rallier car toute l'armée était consentante pour démettre le président de ses fonctions».

Frontières rouvertes

Mardi matin, des centaines de manifestants étaient descendus sur la place de la Nation, au coeur de Ouagadougou, pour soutenir les putschistes.

Roch Marc Christian Kaboré a été renversé par des militaires avec à leur tête un lieutenant-colonel, Paul-Henri Sandaogo Damiba, président d'une junte appelée Mouvement patriotique pour la sauvegarde et la restauration (MPSR).

La junte a pris la tête d'un pays miné par la violence djihadiste depuis 2015 qui s'est intensifiée ces derniers mois, après deux jours de mutineries dans plusieurs casernes. Le MPSR avait annoncé la dissolution ou suspension des institutions de la République, ainsi que la fermeture des frontières aériennes et terrestres.

Les frontières aériennes ont cependant été rouvertes dès mardi, de même que les frontières terrestres pour certains produits, ce qui semble indiquer que la junte ne craint pas un «contre-coup» et maîtrise les différents corps d'armée.

- Condamnations tous azimuts -

De source militaire, on indique que le lieutenant-colonel Damiba, un spécialiste de la lutte antidjihadiste, devait rencontrer mercredi la hiérarchie de l'armée, ainsi que les secrétaires généraux pour évoquer l'expédition des affaires courantes dans l'attente d'un nouveau gouvernement.

«Préoccupation» de la Suisse

Le coup d'Etat au Burkina, qui survient après ceux du Mali et de Guinée, a été fermement condamné par la communauté internationale qui exige «la libération immédiate» du président renversé. Mercredi, le chef de la diplomatie de l'Union européenne, Josep Borrell, a averti que «si l'ordre constitutionnel n'est pas rétabli», cela aurait «des conséquences immédiates sur notre partenariat avec le pays».

La Suisse a de son côté indiqué suivre «attentivement et avec préoccupation» les derniers développements au Burkina Faso. Dans un message posté sur Twitter, le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) demande la libération du président Kaboré ainsi que le retour rapide de l'ordre constitutionnel.

La Confédération appelle encore l'ensemble des acteurs au dialogue, au respect des droits de l'homme et à la garantie de la démocratie ainsi que de l'Etat de droit en faveur de l'ensemble des Burkinabès.

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