Le Salvador élit ses députés, le parti du président Bukele favori

ATS

28.2.2021 - 12:35

Des résultats provisoires du scrutin devraient être connus dans la nuit.
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Le Salvador vote dimanche pour renouveler à la fois ses députés et ses maires. Ces élections sous tension sont cruciales pour le jeune président Nayib Bukele qui vise la majorité absolue à l'Assemblée législative.

Après une campagne marquée par des violences, les bureaux de vote doivent ouvrir dans tout le pays à 07h00 locales (14h00 en Suisse) pour accueillir dix heures durant les 5,4 millions d'électeurs inscrits. Le scrutin se déroulera sous l'oeil de quelque 40'000 membres des forces de sécurité et d'observateurs internationaux.

Des résultats provisoires devraient être connus dans la nuit mais les résultats officiels pourraient prendre jusqu'à quinze jours pour être annoncés. Les nouveaux députés ne prendront leurs fonctions que le 1er mai.

Dix partis en lice

Dix partis de tout le spectre politique seront en lice. Les électeurs devront choisir 84 députés, 262 maires et 20 députés au Parlement centro-américain (Parlacen, une assemblée d'intégration régionale). Tous seront élus pour trois ans.

Le scrutin pourrait marquer la consolidation du pouvoir de M. Bukele, âgé de 39 ans et accusé d'autoritarisme par ses détracteurs, s'il remporte, comme le prédisent les sondages, une majorité à l'Assemblée avec les partis qui le soutiennent: Nuevas Ideas qu'il a fondé et la Grande Alliance Nationale (Gana, centre droit) qui l'avait présenté à l'élection présidentielle en 2019.

Les sondages tablent sur la fin de la prédominance établie depuis 2018 à l'Assemblée (Parlement unicaméral) par les deux partis d'opposition, à droite l'Alliance républicaine nationaliste (Arena) et à gauche le Front Farabundo Marti de Libération Nationale (FMLN, ex-guérilla marxiste).

Ils ont dominé la vie politique au Salvador depuis les accords de paix de 1992 qui avaient mis fin à 12 ans de guerre civile. Elu en 2019 pour cinq ans comme alternative au bipartisme, M. Bukele s'est heurté aux députés pendant les deux premières années de son mandat.

Menace de dissolution

Il a même fait irruption voilà un an, le 9 février 2020, au Parlement avec le soutien de policiers et de militaires armés de fusils d'assaut, pour faire voter un emprunt destiné à financer son plan de lutte contre le crime organisé. Le chef de l'Etat avait menacé à la tribune de dissoudre le Parlement mais y avait renoncé après une courte prière silencieuse.

Selon la dernière enquête d'opinion en date de l'influente Université Centroaméricaine (UCA, contrôlée par les jésuites), Nuevas Ideas pourrait obtenir une confortable majorité de 55 députés.

M. Bukele, qui a encore trois années de mandat, non renouvelable, pourrait alors «approuver, réformer ou supprimer des lois à sa convenance», selon le directeur de la Fondation salvadorienne d'Etudes pour l'application du droit (Fespad), M. Saul Banos.

Il pourrait également faire nommer des juges à la Cour suprême et au parquet général, deux institutions avec lesquelles il a déjà eu maille à partir.

«Pour la démocratie, il n'est jamais bon que le pouvoir soit concentré dans un seul parti», observe pour l'AFP l'analyste et professeur de sciences politiques Juan Ramon Medrano.

Un scrutin sous tension

Avant le scrutin, la Conférence épiscopale du Salvador a dénoncé la violence de la campagne qui a coûté la vie à deux militants du FMLN et appelé les électeurs à penser à l'avenir.

M. Bukele s'est mis au centre de la campagne, prenant des libertés avec le code électoral. Ses détracteurs lui reprochent d'avoir utilisé des fonds publics pour distribuer des colis alimentaires pendant la pandémie ou d'avoir ignoré l'interdiction de publier des messages politiques trois jours avant le vote.

L'UCA a averti que les élections vont se dérouler «dans une atmosphère de tension et de confrontation qui pourrait déboucher sur de la violence et jeter le doute sur les résultats», avec un danger d'instrumentalisation des forces de l'ordre pour influer sur le vote.

Le président sortant du Parlement, Mario Ponce (Arena), a demandé à la communauté internationale et l'Organisation des Etats Américains (OEA) de «surveiller» le scrutin.

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