Les députés français valident le projet de loi

ATS

6.1.2022 - 07:27

Après trois jours de débats tumultueux, alimentés par des propos controversés d'Emmanuel Macron, prêt à «emmerder» les non-vaccinés, l'Assemblée nationale a adopté jeudi au petit matin en première lecture le projet de loi transformant le pass sanitaire en pass vaccinal.

French Prime Minister Jean Castex speaks during a session of questions to the Government at the French National Assembly in Paris, France, Tuesday, Jan. 4, 2022. (AP Photo/Francois Mori)
Le Premier ministre Jean Castex était venu lui-même mercredi après-midi demander aux parlementaires d'accélérer, après le blocage, voire selon LFI la «crise», provoqués par les propos d'Emmanuel Macron.
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6.1.2022 - 07:27

Annoncé mi-décembre par l'exécutif face à l'épidémie galopante de Covid-19, le texte a été approuvé à 05h25 par 214 voix pour, celles de la majorité et d'une partie des LR et du PS. Ils ont été 93 députés à se prononcer contre, dont la gauche de la gauche, le RN et 3 dissidents LREM. Vingt-sept se sont abstenus.

L'Assemblée nationale adopte le projet de loi instaurant le pass vaccinal

L'Assemblée nationale adopte le projet de loi instaurant le pass vaccinal

L'Assemblée nationale a adopté au petit matin en première lecture le projet de loi transformant le pass sanitaire en pass vaccinal après trois jours de débats tumultueux, alimentés par des propos controversés d'Emmanuel Macron, prêt à «emmerder» les non-vaccinés.

06.01.2022

Le projet de loi doit désormais être examiné par le Sénat dominé par la droite en début de semaine prochaine, pour une entrée en vigueur que le gouvernement voulait au 15 janvier mais qui devrait être repoussée de quelques jours.

Il faudra alors aux plus de 12 ans pouvoir justifier d'un statut vaccinal pour accéder aux activités de loisirs, aux restaurants et bars, aux foires ou aux transports publics interrégionaux. Un test négatif ne suffira plus, sauf pour accéder aux établissements et services de santé.

Parmi leurs amendements de retouche, les députés ont repoussé de 12 à 16 ans la nécessité d'un pass vaccinal pour les sorties scolaires et activités péri et extrascolaires.

Castex sommés de s'expliquer

Le Premier ministre Jean Castex était venu lui-même mercredi après-midi demander aux parlementaires d'accélérer, après le blocage, voire selon LFI la «crise», provoqués par les propos d'Emmanuel Macron.

«Les non-vaccinés, j'ai très envie de les emmerder. Et donc on va continuer de le faire, jusqu'au bout. C'est ça, la stratégie», a clamé le chef de l'Etat dans un entretien au Parisien mardi. «Quand ma liberté vient menacer celle des autres, je deviens un irresponsable. Un irresponsable n'est plus un citoyen», a-t-il ajouté.



Sommé de s'expliquer, Jean Castex a d'abord confirmé devant le Sénat sa volonté de mettre la pression sur les non-vaccinés. «Qui outrage la nation ? (...) Qui conduit les soignants dans nos urgences à faire des choix éthiques dramatiques ? Eh bien c'est une infime minorité», a-t-il tancé.

Environ 53% des Français ont dit avoir été «choqués» par les propos d'Emmanuel Macron, et 47% «pas choqués», selon un sondage Elabe publié mercredi soir.

Record de contaminations

Quelque 332'252 nouvelles contaminations au Covid-19 ont été enregistrées mercredi, un nouveau record, tandis que le nombre de malades hospitalisés a continué d'augmenter, notamment dans les services de soins critiques.

Et 66'000 personnes avaient reçu une première dose de vaccin mercredi, un record depuis le 1er octobre, selon Olivier Véran, qui a semblé faire le lien avec la pression exercée par l'exécutif.

Quelque «5% des patients hospitalisés» disposent de faux pass, a aussi indiqué le ministre. Le projet de loi alourdit les sanctions pour fraude.

En Conseil des ministres, l'état d'urgence sanitaire a été décrété dans plusieurs territoires français d'Outre-mer (Guadeloupe, Guyane, Mayotte, Saint-Martin, Saint-Barthélémy) en raison de l'"augmentation considérable» de cas.

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