«Ce n'est pas une bonne décision»Les Etats-Unis disent avoir formellement quitté l'OMS qui conteste
ATS
22.1.2026 - 23:01
Les Etats-Unis annoncent avoir formellement quitté l'Organisation mondiale de la santé (OMS) depuis jeudi. Mais celle-ci n'a toujours pas reçu les 260 millions de dollars d'arriérés dus par Washington et qui permettraient légalement de valider ce retrait.
Les Etats-Unis et l'Organisation mondiale de la santé (OMS) n'ont pas la même analyse juridique du retrait américain de l'institution (archives).
ATS
Keystone-SDA
22.01.2026, 23:01
23.01.2026, 07:07
ATS
L'OMS a «échoué à approuver urgemment des réformes», ont dit le département de la santé (HHS) et le département d'Etat. En début d'année dernière, le président Donald Trump avait annoncé avoir enclenché le dispositif d'un an pour le retrait de l'organisation qu'il accuse d'avoir été trop proche de la Chine pendant la pandémie.
«Aujourd'hui, nous honorons cette promesse», a affirmé à des journalistes un haut responsable du HHS. «Nous n'avons pas eu de retour sur investissement», a-t-il ajouté. "Nous payions, nous nous fiions à eux et cela été un échec, selon lui.
Depuis un an, les autorités américaines ont déjà retiré leur personnel auprès de l'institution et des centaines de collaborations avec l'OMS ont été suspendues ou arrêtées. Elles ont aussi lancé des arrangements bilatéraux avec des pays en développement, conditionnant la poursuite de leur assistance à des accords bilatéraux sur la santé. «Nous n'avons aucun plan de rejoindre à nouveau, ni de participer» à des réunions de l'OMS, a précisé le responsable du HHS.
L'OMS avait récemment expliqué que l'accord de 1948 entre les Etats-Unis et elle prévoit non seulement un préavis d'un an, mais aussi le paiement de toutes les contributions financières dues «pour l'année fiscale en cours». Or, des «arriérés» subsistent, avait précisé un responsable juridique, ajoutant que le retrait était encore «une question ouverte».
Et ceux-ci n'ont pas été payés «à notre connaissance», a aussi ajouté jeudi à Keystone-ATS de son côté un porte-parole de l'institution. Mais les Etats-Unis ne sont eux-mêmes pas d'accord avec l'OMS sur cette question. «Il n'y a rien dans ce texte qui ne prévoit un paiement» comme condition pour sortir, dit un responsable du département d'Etat.
Cette situation doit être abordée dans une dizaine de jours lors du Conseil exécutif de l'OMS, dont fait partie la Suisse, et probablement encore en mai lors de l'Assemblée mondiale de la santé par tous les membres. Les Etats-Unis sont le seul pays à avoir finalisé un arrangement de retrait de l'institution dont la Constitution de 1946 ne le prévoit pas.
Ces dernières années, ils payaient 111 millions de dollars par an de contribution obligatoire. En plus, ils ajoutaient près de 600 millions de dollars de financements volontaires.
De son côté, le directeur général de l'OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus a récemment à nouveau déploré la décision américaine, comme il le fait depuis un an. Celle-ci «est une perte pour les Etats-Unis» et «une perte pour le reste du monde», a-t-il estimé.
«Ce n'est pas vraiment une bonne décision» parce que ce pays et tous les autres «ne sont pas en sécurité» sur les questions de santé en raison de ce choix, selon lui. Il souhaite toujours que les Etats-Unis continuent de collaborer avec l'organisation.
Outre des recommandations de méfiance à l'égard des vaccins qui l'ont suivie et que l'OMS avait déplorées, l'annonce des Etats-Unis a provoqué des conséquences importantes. Comme les autres entités de la Genève internationale, l'organisation a fait face à d'importantes difficultés financières en raison des coupes américaines et d'autres pays.
Elle a dû se résoudre à près de 1300 licenciements qui seront tous menés d'ici juin prochain. Elle doit encore trouver environ un milliard de dollars pour 2026 et 2027. Mais trois quarts de l'enveloppe requise a déjà été sécurisé, davantage que les années précédentes à la même période, selon l'organisation.