Crainte d’une invasion russe Les Finlandaises se ruent sur les formations de défense civile

ATS

29.6.2025 - 06:41

Vêtues de combinaisons de sécurité rouge et chaussées de lourdes bottes en caoutchouc, les participantes d'un cours de défense civile en Finlande se jettent à l'eau froide dans une base navale bordant la mer Baltique. Ces 28 femmes s'initient au sauvetage aquatique dans le cadre de la formation «sécurité en mer».

Vue générale de la barrière-frontière entre la Finlande et la Russie au poste frontière de Vartius, à Vartius, Finlande, le 24 juin 2025.
Vue générale de la barrière-frontière entre la Finlande et la Russie au poste frontière de Vartius, à Vartius, Finlande, le 24 juin 2025.
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Keystone-SDA

Il s'agit de l'un des modules de plus en plus prisés de préparation aux crises. Ces formations doivent permettre de faire face à des pannes géantes d'électricité, des catastrophes naturelles, des cyberattaques ou des conflits armés.

L'intérêt pour la défense civile a bondi en Finlande depuis l'invasion russe de l'Ukraine en février 2022 et depuis la pandémie de Covid-19, explique à l'AFP Eija Eriksson, monitrice bénévole de cette formation du week-end.

«L'attrait pour les cours de préparation aux situations d'urgence a énormément augmenté ces dernières années, en particulier chez les femmes», souligne Mme Eriksson de l'association nationale féminine de préparation aux situations d'urgence, qui gère ces cours avec l'association finlandaise de formation à la défense nationale (MPK).

«Tout est complet»

Obtenir une place ne va pas de soi. «En quelques minutes, tout est complet», dit-elle. En arrière-plan, des tirs résonnent. A quelques pas de là, un entraînement militaire a lieu sur la base de la brigade côtière d'Upinniemi, dans le golfe de Finlande.

Le pays, qui partage une frontière longue de 1340 kilomètres avec la Russie, a abandonné plusieurs décennies de non-alignement militaire en rejoignant l'OTAN en 2023 après l'invasion de l'Ukraine par la Russie. Helsinki a promis de porter ses dépenses de défense et sécurité à 5% du PIB, conformément à l'engagement pris dans le cadre de l'alliance militaire.

La Finlande a déjà connu la guerre face à la Russie. Grand-duché depuis 1809, composante de la Russie impériale, le pays nordique déclare son indépendance en 1917 et se retrouve confronté, vingt-deux ans plus tard, en 1939, à une invasion soviétique lors de la guerre d'hiver.

La Finlande oppose une résistance acharnée, mais est contrainte de céder une vaste partie de la province orientale de Carélie, au terme d'un traité de paix signé avec Moscou.

«Ne pas avoir peur»

Le pays de 5,6 millions d'habitants maintient une armée solide depuis, forte de plus de 280'000 militaires et de 870'000 réservistes.

La Finlande a également mis l'accent sur la préparation en tant que compétence civique. Les formations volontaires à la défense nationale, dont celles aux préparations militaire et civile, ont atteint un niveau record, avec plus de 140'000 jours de formation et un total de 3272 cours comptabilisés en 2024, selon le MPK.

Environ 20% des participants cette année-là étaient des femmes, selon la même source. «Je pense qu'il est important de ne pas avoir peur, mais d'être préparé», dit à l'AFP Susanna Makela, spécialiste des ressources humaines juste après avoir appris à naviguer sur un bateau, munie seulement d'une carte et d'un radar.

«C'est très amusant, en réalité, et utile aussi», dit-elle. En Finlande, le service militaire est obligatoire pour tous les hommes majeurs et sur la base du volontariat pour les femmes depuis 1995. En 2025, 1448 femmes s'y sont inscrites.

«Protéger ma famille»

Selon une enquête récente menée par l'association nationale féminine de préparation aux situations d'urgence, environ 70% des Finlandaises se disent prêtes à défendre les frontières de leur pays, une volonté marquée chez les femmes de plus de 50 ans.

«Nous voulons être prêts au cas où la Russie nous nuirait. Peut-être pas forcément par une guerre directe mais elle peut nous atteindre d'autres façons», fait valoir Johanna Piispa, cheffe de projet et ingénieure de 48 ans. Elle participe à une autre formation organisée sur cette même base militaire, consacrée à la marche à suivre en cas de coupures de courant.

Réparties en petits groupes, ces femmes apprennent à manier des générateurs de différentes tailles et puissances et échangent sur la préparation nécessaire face à une panne d'électricité prolongée à la maison. Ces cours réservés aux femmes leur offrent un cadre bienveillant pour apprendre des compétences traditionnellement associées aux hommes, souligne Mme Piispa.

«Je veux comprendre comment fonctionnent ces machines et savoir les utiliser moi-même, car, en général, ce sont les hommes qui s'en occupent», expose-t-elle. «Je veux être capable de me protéger, ainsi que ma famille et les autres».

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