«Désastre planétaire»?

Les tensions Moscou-Washington augmentent le risque nucléaire

ATS

31.1.2022 - 07:38

Les fortes tensions entre la Russie et les Etats-Unis sur l'Ukraine augmentent le risque d'un recours aux armes nucléaires et de provoquer un désastre planétaire, a mis en garde la présidente de l'ICAN. Washington craint une invasion. Moscou dément, mais accumule les troupes à la frontière.

ATS

31.1.2022 - 07:38

Sur cette photo tirée d'une vidéo fournie par le service de presse du ministère russe de la Défense le samedi 29 janvier 2022, des véhicules militaires russes se préparent à quitter une plate-forme ferroviaire après leur arrivée en Biélorussie.
Sur cette photo tirée d'une vidéo fournie par le service de presse du ministère russe de la Défense le samedi 29 janvier 2022, des véhicules militaires russes se préparent à quitter une plate-forme ferroviaire après leur arrivée en Biélorussie.
KEYSTONE

«N'importe quel conflit impliquant un ou plusieurs pays qui disposent de l'arme nucléaire est extrêmement dangereux», a rappelé Beatrice Fihn, qui dirige la campagne internationale pour l'abolition de l'arme nucléaire (ICAN) lors d'un récent entretien.

Il est urgent de calmer le jeu aux yeux de Mme Fihn. Elle juge que, «dans un environnement sécuritaire trépidant, les choses peuvent s'envenimer très, très rapidement». «J'ai peur que cela ne parte en vrille», insiste-t-elle.

Elle s'inquiète particulièrement «pour les armes nucléaires stationnées à la frontière en Russie, mais aussi celles réparties en Europe», qui en cas de conflit généralisé pourraient devenir des cibles. «Ce n'est pas le moment de faire les va-t-en-guerre, de lancer des menaces machistes, mais bien plus de s'asseoir autour d'une table et de négocier».

«Réduire les tensions»

Pour la présidente de l'ICAN, cette situation illustre la nécessité de promouvoir le désarmement nucléaire en général. «Nous avons entendu des voix s'élever au Bélarus réclamant le stationnement d'armes nucléaire russes dans le pays et je pense que c'est une chose extrêmement dangereuse», rapporte-t-elle.

Pour aider à désamorcer la situation, elle suggère que le Bélarus et l'Ukraine adhèrent au traité sur l'interdiction des armes nucléaires, qui est entré en vigueur il y a un an et qui a valu son Nobel à l'ONG qu'elle dirige.

A titre d'exemple, elle rappelle que le Venezuela et Cuba ont ratifié le traité et ne pourraient donc pas laisser la Russie y stationner des armes nucléaires, comme Moscou en avait laissé pointer la menace. Adhérer au traité est «un pas positif» que les pays peuvent faire pour aider à la détente.

Cordons de la bourse

Bien qu'aucune puissance nucléaire n'ait signé le texte, Mme Fihn estime qu'il a des effets induits et positifs, soulignant en particulier le fait que des fonds d'investissements et des banques retirent leurs investissements dans les entreprises qui participent à la fabrication de l'arsenal nucléaire.

Depuis le début, les militants espèrent que ce traité aura peu à peu la même influence que celle qu'ont pu avoir ceux sur les mines antipersonnelles et les armes à sous-munitions. Même les pays non signataires sont obligés de tenir compte de l'opprobre qui vient avec leur usage. Pour autant, Mme Fihn reconnaît qu'il faudra sans doute des années «avant de voir une tendance concrète».

Elle rappelle que l'horloge de l'apocalypse n'est qu'à 100 secondes de minuit ou la fin de l'humanité: cela permet de visualiser «à quel point nous sommes prêts de l'utilisation de l'arme nucléaire», dit-elle. Et d'ajouter: «C'est un cri d'alarme», parce que «des erreurs d'appréciation et de calcul sont si vite arrivées».

ATS