Relations internationales

Nouvelle alliance stratégique dans la zone indo-pacifique

ATS

15.9.2021 - 23:47

ATS

15.9.2021 - 23:47

Les Etats-Unis, l'Australie et le Royaume-Uni lancent mercredi un partenariat «historique» de sécurité dans la zone indo-pacifique, selon un haut responsable de la Maison Blanche. Ce pacte pourrait torpiller un énorme contrat de sous-marins entre Canberra et Paris.

Joe Biden a déjà eu un téléphone de deux heures avec le président chinois, en février, alors qu'il venait de succéder depuis peu à Donald Trump à la tête des Etats-Unis.
Joe Biden, président des Etats-Unis
KEYSTONE/EPA/MICHAEL REYNOLDS

Ce nouveau pacte baptisé «AUKUS» verra en effet les Etats-Unis partager avec l'Australie leur technologie de sous-marins à propulsion nucléaire, selon la même source, pour qui le nouveau pacte va lier Washington, Londres et Canberra «pour des générations».

L'Australie devrait donc annuler, selon la presse australienne, une gigantesque commande de sous-marins conventionnels à la France, pesant des dizaines de milliards d'euros, et que le président Emmanuel Macron s'est engagé à défendre.

Le partenariat doit être présenté par le président américain lors d'une intervention à laquelle participeront, à distance, le Premier ministre australien Scott Morrison et le Premier ministre britannique Boris Johnson. «C'est une annonce historique», a affirmé le haut responsable de la Maison Blanche, qui n'a pas souhaité être identifié.

Elle illustre selon lui la «détermination de l'administration Biden à construire des partenariats plus forts pour défendre la paix et la stabilité dans toute la région indo-pacifique», une déclaration qui vise la Chine de manière à peine voilée.

Propulsion nucléaire

Le partenariat doit «doper la coopération dans de nombreux et nouveaux domaines» comme l'intelligence artificielle, les technologies quantiques et les «capacités sous-marines.»

Les nouveaux partenaires s'engagent à «soutenir la volonté de l'Australie d'acquérir des sous-marins à propulsion nucléaire», a indiqué le haut responsable, précisant bien qu'il ne s'agissait pas d'armement nucléaire. Des équipes des trois pays vont travailler pendant dix-huit mois pour «identifier la meilleure approche».

«Le seul pays avec lequel les Etats-Unis ont jamais partagé ce type de technologie de propulsion nucléaire est la Grande-Bretagne» à partir de 1958, a indiqué la source. «C'est une décision fondamentale, fondamentale. Cela va lier l'Australie, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne pour des générations.»

Joe Biden répète depuis son élection qu'il entend se confronter à la Chine, comme son prédécesseur Donald Trump, mais de manière très différente, sans s'enfermer dans un face-à-face.

Il veut jouer le plus possible le jeu des alliances. Le président américain réunit d'ailleurs le 24 septembre à Washington les Premiers ministres australien, indien et japonais pour relancer un format diplomatique, le «Quad», qui végétait depuis plusieurs années.

Mais l'annonce de mercredi risque de jeter un coup de froid sur une autre alliance, avec la France, si l'Australie dénonce effectivement ce qui est parfois qualifié de «contrat du siècle» pour l'industrie de défense française.

ATS