Délogés du centre-ville «On est traités comme des malpropres» : des tracteurs bloquent l’accès sud de Toulouse

Basile Mermoud

14.1.2026

Des tracteurs, temporairement entrés dans Toulouse mardi soir, ont été délogés par les forces de l'ordre, la mobilisation agricole s'orientant vers un blocage de l'accès sud de l'agglomération et un barrage filtrant devant l'aéroport, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Des tracteurs en centre-ville à Toulouse, près de la préfecture, malgré l'interdiction

Des tracteurs en centre-ville à Toulouse, près de la préfecture, malgré l'interdiction

Des agriculteurs de la Coordination rurale (CR) du Gers, venus avec une quinzaine de tracteurs, sont rentrés dans la nuit de mardi à mercredi dans le centre-ville de Toulouse et stationnent près de la préfecture.

14.01.2026

Agence France-Presse

Cinq agriculteurs ont été interpellés dans la nuit à Toulouse et Léguevin, ont dénoncé des porte-parole de la Coordination rurale (CR). «Voilà la réponse de l'Etat quand on sait que l'on nous a apporté aucune réponse, hormis la signature du Mercosur», regrette Vincent Arbusti, porte-parole de la CR du Gers.

En début de matinée, une dizaine de tracteurs de la Coordination rurale du Gers filtraient la circulation sur un rond-point menant à l'aéroport Toulouse-Blagnac.

«A Paris, ils ont tapis rouge pour manifester et nous, ils nous cassent les vitres des tracteurs pour nous interpeller. A Toulouse, on est traités comme des malpropres, c'est insupportable, la tension monte», a déclaré à l'AFP Eric Lasbats, un autre cadre de la Coordination rurale du Gers, présent devant l'aéroport.

«On reste mobilisés, car depuis plus d'un mois, on n'est pas entendus par le gouvernement», ajoute-t-il. Un autre groupe d'agriculteurs a bloqué l'autoroute A64 en déversant des pneus et de la paille, à proximité du périphérique, interrompant la circulation sur cet axe très emprunté.

Blocage du centre-ville

«Ce blocage devra être levé sans délai pour des raisons de sécurité», a averti la préfecture dans un communiqué, estimant qu'un accident de la circulation a été causé par la manifestation.

Mardi dans la soirée, alors que la manifestation était interdite par le préfet, une quinzaine de tracteurs sont entrés dans le centre de Toulouse et ont pris position près de la préfecture, avant de quitter les lieux, sous la pression de la police.

Le préfet de Haute-Garonne et de la région Occitanie avait pris mardi un arrêté interdisant «la manifestation revendicative du mercredi 14 janvier 2026 à Toulouse et sa périphérie», prévue par plusieurs organisations syndicales d'agriculteurs, tout comme la circulation de tracteurs et d'engins agricoles sur les grands axes de la région.

«Malgré tous les efforts pour nous museler, pour nous interdire de manifester, pour nous intimider et nous faire rester chez nous, nos tracteurs sont enfin rentrés dans Toulouse», s'était félicité Lionel Candelon, président de la chambre d'agriculture du Gers.

Après avoir brièvement stationné dans le centre de Toulouse, un cortège de manifestants a été conduit vers un parking, en périphérie de Toulouse.

Mardi, au sud de Toulouse, le barrage emblématique de Carbonne sur l'A64 a été levé, sous la pression des forces de l'ordre, après un mois d'occupation de cette autoroute.